samedi 17 août 2013

Un manipulateur malgré lui. Ma vie amoureuse et le scandale des HLM de Paris

Justice or revenge? Really, I do not know. The two perhaps? I'm not a saint but an activist. It's not the same. Justice ou vengeance? Je ne sais pas. Les deux peut-être, je ne suis pas une sainte mais une activiste, ce n'est pas la même chose.




I met him in Paris. He was lebanese. Je l'ai rencontré à Paris. Il était libanais.



 
  He fell in love with me, a fool love (he said).. But he hesitated for two years. He is not a supersonic. He did not dare to oppose his family who would not accept me (I am not jewish). I married another, but I divorced
Il tomba amoureux de moi (un amour fou dit-il) mais hésita deux ans. Il n'est pas un supersonique. Il avait peur de s'opposer à sa famille (je ne suis pas juive). J'en épousai un autre, puis divorçai.
 
and marry him. I saved him from the abyss. So does he, at first.. et l'épousai lui. Je l'ai sauvé de l'abîme. Lui aussi, au début.
 


 He became old, as me. Il devint vieux. Comme moi.


 


And sad because I was not the same.. (as him!) Et triste car je n'étais plus la même. Comme lui!









I left Paris for the south, my country, as we always said (in a year as he asserted.. for 30 years!) But alone. Je quittai Paris pour le Midi, comme nous avions toujours dit que nous le ferions... pendant 30 ans (dans un an disait-il .. pendant 30 ans.) Mais seule.
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He met another woman, younger, very different. Il avait rencontré une autre femme, très différente.
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Not too pretty but gentle and resourceful, ô yes,very... Pas mirobolante mais gentille et dégourdie.. très!
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With a nice ass (he said) and a beautiful apartment in Montparnasse ("social housing" but not for every body!-) where she rents rooms to students. Good business. Avec un joli cul (m'a-t-il dit) et un bel appart à Montpar (une HLM mais pas pour tout le monde!) où elle loue des chambres à des étudiants. Bon job.



A slum in Montreuil as he bought for his son (a good father indeed!) and the appartment where he lives with Colette (and her nice ass).
Everywhere there are people who manage very well... and others less well ! She belongs to the first kind. So does he. Un taudis à Montreuil quasi semblable à celui qu'il a acheté pour son fils (un bon père) et l'appartement dans lequel il vit avec Colette. Partout, il y a des gens qui savent se débrouiller et d'autres non.

And it's over. Et tout fut fini.

jeudi 18 juillet 2013

Un secret de famille, les hommes battus, suite du cas Léna, le syndrome de Stockholm


Suite de "le cas Léna" (lien)

Un drame familial.. 

Configuration : Lena, prof retraitée et auteur, fille unique, issue de Line Bragance, instit, décédée… Son cousin germain David, également enfant unique, de 5 ans plus jeune qu’elle, ouvrier retraité, issu de Luc Bragance, le frère de Line, (également de 5 ans plus jeune qu’elle) décédé, ouvrier puis patron du café l’Estaque, à St Julien ; friqué, l’affaire marchait bien.

Adèle Sanchez, femme de David. Cadette d’une famille portugaise (ouvriers, bosseurs, traditionalistes, catho, très soucieux d'ascension sociale) dont le père et la mère ont chassé l’aînée enceinte, laquelle est devenue prostituée et a disparu nuit et brouillard. La petite, Anita, sa fille, abandonnée à 3 ? ans. A la demande implicite de Adèle qui lui assurait que la DDASS l’avait arrachée à une famille aimante qui ne pouvait plus la retrouver (!) Lena en 15 jours l’a localisée, vue et a tenté de la remettre en contact avec sa « famille ». EN VAIN, rejet des grands parents, et de tous, plus ou moins patent. L’histoire de la petite arrachée aux « siens » par des méchants fonctionnaires de la DDASS était une fable. Peu après, mais elle avait déjà 17 ans (?) la DDASS a imposé (à la demande de la petite) aux Sanchez de la recevoir, au départ avec un tiers éducateur. La relation s’est très mal passée, tant du côté de Adèle que de celui des grands parents (pire). En revanche, Anita est venue souvent chez Lena (qui venait en vacances chez sa mère Line) qu’elle affectionnait, et vice versa.

Configuration géographique : la maison familiale Bragance échut à Line puis, à sa mort à Lena et la terre fut découpée de sorte que sur la parcelle jouxtant, Luc fasse construire sa propre maison, à présent habitée par David et Adèle, Luc et sa femme étant morts. Les deux habitations de David et de Lena se trouvent donc à un jet de pierre. Une clôture symbolique, puis sur les exigences de Lena, nous allons voir pourquoi, plus importante.

La petite Anita dévoila autrefois à Lena et à tous qu’elle était le fruit d’une relation incestueuse entre son père (et grand père) et sa mère : elle affirmait même en avoir été témoin (même après son expulsion, il venait à Marseille où elle résidait et l’enfant les avait vus ensemble au lit le soir comme un couple « normal ») c’était selon elle la raison du rejet de sa mère et d’elle même par sa grand-mère et par Adèle (rejet violent, insultant, Lena en a été témoin direct.) Lena avait de longues conversations avec la petite en pleine détresse qui affirmait également que son grand père avait elle aussi tenté de la violer, elle s’était défendue fortement et depuis refusait de les voir. Adèle, très imbue de position sociale, fière de son mariage avec David, se montrait très dure avec la jeune fille dont les révélations qu’elle diffusait partout dégradaient selon elle l’image de respectabilité sociale de sa famille qu’elle voulait à tout prix préserver. La petite mourut assez jeune, épuisée par le calvaire qu’avait été sa vie, un demi suicide à l’alcool. Lena ne l’apprit que par hasard, longtemps après. Anita était adorée de tous ceux qui la fréquentaient, à la fois jolie et brillante, marrante.

Adèle, qui était obèse, est une victime du médiator : cardiaque, pouvant mal marcher, diabétique etc.. Sevrée après l’interdiction, son caractère s’aigrit. David disait vivre un enfer, ce qui était corroboré par ce qu’on pouvait entendre chez lui. Dans le couple, elle est dominante et il semble que leur fille unique Marie Chantal, très influençable (par sa mère) prenne le relais. David vient chez Lena comme s’il s’agissait de sa propre maison, avec sa bénédiction.. quoique parfois (rarement) cette omni présence puisse la gêner dans son travail. Lui par ailleurs effectue toutes sortes de travaux sans qu’elle ne le lui demande, même si cela la gêne parfois. (Il lui arrivait d’arranger la maison à son gré, la plupart du temps cela correspondait et Lena lui était reconnaissante… mais il arrivait qu’il le fasse sans son accord voire même malgré son désaccord, notamment lorsqu’ils s’agissait de travaux qu’elle jugeait dangereux.) Leurs relations, très fortes, sont celles de grande sœur à petit frère (ils ont en partie été élevés ensemble), Lena ayant souvent protégé son cousin autrefois, plus fragile qu’elle. Cela demeure.

Adèle, sans le montrer ou indirectement, sembla au fil du temps prendre ombrage de ces relations (qui renforçaient son mari pour lequel elle éprouve un mépris non dissimulé tout comme sa fille à présent) qui remettaient en cause sa position de dominante. Lena, elle, le valorisait, à juste titre. Petit à petit, du fait d’Lena, leurs relations se délitèrent et elle ne la voyait jamais.

Peu après la mort de Line (qui avait bouleversé et fragilisé Lena) l’attitude de Adèle envers elle empira. Elle n’attaque, et indirectement, que des gens en position de faiblesse -et toujours se sert d’un autre qu’elle juge plus fort et plus à même de porter sa cause- et au contraire se soumet à ceux qu’elle redoute. Line, la «chef» de la famille (n’oublions pas que Luc lui aussi était le petit frère ! qui l’avait sans doute dévoilée depuis le début n’existait plus, Lena qui avait été son rempart contre elle n’avait plus de raison d’être ménagée, au contraire ; on aurait pu croire que Adèle tentait de se venger de Line des années après.. sur sa fille qui pourtant l’en avait protégée. (Au départ, il y avait eu quelques disputes entre Lena et sa mère à son sujet, la fille protestant contre les rares petites remarques désagréables de Line que Adèle avait pourtant avalées avec le sourire, presque servile ; par exemple, un jour que, au bord de la piscine, celle-ci se plaignait de son obésité, Line lui avait répondu de simplement moins manger. Cela avait généré une dispute par la suite entre Lena et Line, Lena reprochant sa dureté à sa mère.)

Quelques jours après l’incinération de Line, par une chaleur accablante, Adèle donna avec sa propre famille (sans Anita bien sûr) une fête joyeuse le soir dans son jardin qui jouxte donc celui de Lena (un anniversaire) si bien que celle-ci, pleurant de chagrin, berçant l’urne de sa mère sur les genoux, entendait à côté les bruits de verres, de vaisselle et les rires de convives un peu pompettes. Lorsqu’elle le reprocha à David, celui-ci, accablé (sa tante Line l’avait beaucoup gardé, même à demeure pour le rattraper scolairement, était restée à son chevet tout le temps pendant sa convalescence d’une opération qui s’était mal passée.. etc) répondit « Je n’ai pas eu mon mot à dire, tu le sais bien, jamais. »

Cela monta encore d’un cran ; peu après la mort de sa mère et à peu près au moment de sa séparation d’avec son mari resté à Lille, donc fragilisée à deux titres, Lena reçut une lettre signée de David.. (qui en fait était  une réponse à une lettre qu’elle lui avait adressée mais qui avait été lue par Adèle, qui ouvre tout le courrier et transmet… ou pas) une lettre abominable, dans laquelle « il » lui disait qu’elle était (en substance) « quelqu’un que personne ne pourrait jamais aimer, une frustrée qui ne supportait pas de voir un couple heureux comme le sien (!) dans lequel tout était parfaitement limpide (!).. et où personne n’avait de motivation cachées (!).. que, n’ayant pas eu de famille aimante et notamment un père indifférent (exact en partie), elle ne cherchait qu’à semer la merde partout dans des familles heureuses.. qu’elle n’avait jamais connu l’amour (sous entendu que son mari l’avait balancée -exact en partie-) et qu’elle ne connaîtrait jamais le bonheur etc… » deux pages maladroites exsudant d’une haine si intense qu’elle en était impensable. Soufflée, Lena rompit toutes relations avec David et ils ne se revirent plus jamais durant (4 ? ans). C’est par hasard, après l’enterrement de son père, lorsqu’il lui demanda pourquoi elle ne l’avait pas appelé quand elle l’avait trouvé mort dans le jardin en rentrant le soir qu’elle apprit la vérité. Elle hurla « après la lettre que tu m’as écrite, j’aurais préféré crever ». « Quelle lettre ? » etc.. Non seulement il ne l’avait pas écrite mais qu’il n’avait pas eu non plus (?) sa propre lettre.. qui était en fait une lettre presque d’excuse après une banale querelle, dans laquelle pour la première fois elle avait mentionné une agression sexuelle de la part de son père -et non un viol- unique et jamais réitérée. Lena, estomaquée qu’une telle manipulation fût possible, lui demanda alors de demander des comptes à sa femme, ce qu’il fit, sans succès apparemment, elle esquiva ou prétendit qu’elle avait écrit pour toute la « famille » (!!) Là, la position de Lena changea : elle qui avait toujours encouragé David à rester avec sa femme, le réconfortant de sa tristesse, cette fois, exigea qu’il retrouve sa dignité, fût-ce par une séparation provisoire ou définitive (ce qu’il envisageait depuis longtemps mais sans oser franchir le cap, Lena lui conseillant de patienter, Adèle était malade, elle avait été une belle fille attentionnée etc.. -mais aussi sa belle mère garda sa fille durant tout sa jeune enfance, ce que Adèle prit comme un dû et même une faveur qu’elle lui faisait, ce qui était tout de même excessif-.) 

Les relations en furent au point que David, malheureux, venait toujours (presque tous les jours) chez elle, mécontent lorsqu’elle partait à Lille ou à Arles, mais par contre elle ne pouvait même pas le joindre y compris dans des cas graves, ni évidemment aller chez lui, ce que du reste elle ne souhaitait pas. Lorsqu’il y avait vraiment une urgence, elle mettait un signe (un pantalon au bout d’un bambou, visible de son atelier mais non de son appartement où se trouvait sa femme, comme pendant la guerre lorsque Luc, maquisard, venait chez sa mère et que Line, pour l’avertir d’un danger, mettait un tissus à « sécher » à un endroit convenu !!) et David venait… lorsqu’il l’avait vu. Parfois tout de suite, parfois pas. Jamais elle n’avait appelé jusqu’alors chez lui.

Mais avant-hier, fraîchement revenue de Lille et un peu surexcitée, il y eut bel et bien une urgence : le fils de Lena avait besoin avant 5 h un quart d’un document qu’elle avait laissé sur un lit dans l’entrée.. et elle le cherchait en vain. David par gentillesse avait changé la configuration du hall, enlevé le lit (!) pour installer une cuisinière à la place… Elle retourna tout pendant 2 h et demi, fébrile, puis lui téléphona POUR LA PREMIERE FOIS. Elle eut Adèle. « Bonjour, est-ce que tu peux me passer David ? » Adèle, sur un ton extrêmement agressif « Ah c’est Lena ! Tu es à la gare je suppose ? Je ne sais pas s’il est là.. » (ce qui sous entendait qu’elle allait encore déranger son cousin, ce n’était pas le cas, elle était revenue de Lille en voiture et comme elle n’y était pas allée depuis 3 ans, de dérangement il n’y en eut que peu) « Non je suis ici.. mais à la limite cela ne te regarde pas ». David prit alors la com. « Où as-tu avait mis le document qui était sur le lit ? » « Je ne l’ai pas vu, je vais venir. » Elle l’attendit. En vain. C’était fichu pour son fils de toutes manières, il était plus de 5 h et demi.

Il survint enfin vers le soir, (7 heures) dans un état pitoyable, en coup de vent, comme s’il avait peur (c’était le cas) et s’il lui fallait retourner au plus tôt. « Elles m’ont fait un drame pas possible, Marie Chantal est pire que sa mère, elle l’a montée contre moi, je ne la reconnais pas, elles n’ont aucun respect pour moi, je suis une merde, j’ai peur, je ne compte pour rien, je vais tout vendre et partir sinon je me tire une balle dans la tête, je n’en peux plus, c’est l’enfer que je vis  etc.. » Lena le calma. « Arrête tes âneries, tu as tout pour toi, tu es futé, pas mal de ta personne, tu as pour vivre largement, ton boulot te passionne, ne te laisse pas dézinguer par qui ne te vaut pas etc.. » Il pleurait, effondré, jamais elle ne l’avait vu ainsi, elle eut peur. « Assied toi, je fais du café, et remet toi enfin. Réagis».. « Non, je suis rien, j’ai peur, d’ailleurs, elles vont venir.. » (On aurait dit qu’il attendait un régiment de gestapistes.) Lena répondit « Ah mais non, ici c’est chez moi, je le leur interdirai ! » « Tu ne les connais pas, tu ne connais pas S., c’est une furie, sa mère l’a montée contre moi et pourtant, qu’est-ce que j’ai pu faire pour elle.. » .. « C’est ce que nous verrons, calme toi.. »  Et en effet peu après la petite surgit et ouvrit le portail d’en bas, hors d’elle. Lena fit barrage. « Je veux te voir » .. « Pas maintenant » .. « Si, et je te verrai (ton extrêmement agressif) » .. « Je t’ai dit pas maintenant, après je veux bien, mais ailleurs.. » Finalement la petite referma en effet le portail, de plus en plus remontée, criant  « je vais passer par en haut » (il y a un passage à travers la clôture, qu’emprunte David pour que sa femme ne le voie pas lorsqu’il vient chez Lena.) « Je te l’interdis » .. « C’est ce qu’on va voir… » Et puis là ce fut pire : « parce que tu es occupée (insistant sur « occupée ») avec mon père ? » La jalousie pathologique de Adèle (jalousie et envie à la fois car Lena a incontestablement mieux réussi son existence qu’elle à tout point de vue) qu’elle a transférée sur sa fille explique cette réaction anormale et hystérique, le sous entendu étant qu’Lena avait des relations physiques avec son frère. Et hélas en effet voilà que surgirent par derrière la maison, Adèle et la petite. Encore plus remontées, la petite surtout. Propos un peu incohérents « je viens parce que tu as osé téléphoner chez moi (!) donc je viens, et je resterai » -apparemment elle est extrêmement perturbée (regard fixe, gesticulations à quelques mètres de Lena, s’avançant encore, propos loufoques).. « D’ailleurs je ne suis pas chez toi mais chez l’oncle et la tante (?!!) et je partirai si je veux et je ne veux pas, c’est comme ça, ça durera ce que ça durera, c’est moi qui décide, c’est mon père, tu as téléphoné donc je viens et je reste.. »

La jeune fille, enfant unique surinvestie par sa mère désireuse qu’elle réussisse socialement, ce qu’elle-même avait raté (le fait est que, même si sa position d’épouse de David Bragance était bien meilleure que celle qu’elle avait subie à cause de sa famille d’origine -abandon de l’aînée et de la petite Anita, prostitution de la mère, interdiction de faire des études, statut social et intellectuel précaire, ses parents ne parlant toujours pas français au bout de 60 ans etc..- elle avait raté toutes ses ambitions professionnelles et à présent aussi sa vie affective-) et dont le père avait depuis toujours été réduit au rôle exclusif de faire valoir et pourvoyeur financier et matériel… la jeune fille s’avéra ce soir là une petite peste déchaînée impressionnante. Au milieu des invectives, elle et sa mère assurèrent (en hurlant) en vrac que c’était bel et bien David qui avait écrit la lettre, ce qu’il nia, accablé, tentant de les entraîner, en vain. « Tu ne veux pas me parler mais moi je veux et c’est moi qui décide etc… » .. « Je t’ai dit que je voulais mais pas maintenant, mais à présent étant donné ton attitude en effet je ne le veux plus.. » .. « Parce qu’il faut un rendez vous pour te voir? ».. « En quelque sorte, oui, il faut que je consente».. « Mais tu te prends pour qui ?  (rires des deux femmes qui se regardaient à tout instant) Tu es une merde.. ».. « Je vous demande de partir et immédiatement.. ».. « Non, on reste et on restera tant qu’on voudra »… le ton montant encore, Lena finit par appeler la police… après avoir évoqué en parlant à Adèle (laquelle la traitait de folle ou hystérique, en opposition à elle si parfaite) le drame de Anita, enfant d’un inceste entre son grand-père et sa mère et entraînée à la mort par le rejet impensablement cruel qu’elle avait subi chaque fois… Là, la petite vacilla, s’arrêta net et se tourna vers sa mère comme pour lui demander si c’était vrai, Adèle botta en touche (« c’était des conneries »).. et Lena lui lança « tu vois maintenant pourquoi j’hésitais à te parler, j’aurais aimé que cela se passât autrement ».. La petite, sur le choc de la révélation, ne dit rien, et la police arriva.

Stupeur, Adèle et S se montrèrent alors parfaitement calmes d’un seul coup, comme si on leur avait lancé une douche froide ou si le plan d’un scénar avait été mal monté. « On venait juste discuter.. c’est tout… c’est elle qui s’est énervée, on comprend pas pourquoi.. (!) » assurèrent-elles avec un bel ensemble (!) tandis que Lena, dérangée, décoiffée, hirsute (l’accusation implicite d’inceste l’ayant mise hors d’elle) donnait l’image d’une hystérique. (Note : lors d’une agression, c’est souvent l’agressé, blessé, surexcité, parfois incohérent, qui paraît inquiétant tandis que l’agresseur lui, calmé par le geste qu’il a prévu et organisé, semble plus aimable… si bien que l’on inverse parfois les responsabilités d’un drame. Il serait bon que certains gendarmes soient formés en psy de manière plus pointue.) Elle essaya de s’expliquer, un des policiers la rembarra. Puis il demanda enfin à qui était la maison. « A moi » et ordonna aux deux femmes -mais aussi à David !- de partir. Lena (et lui qui avait peur de se retrouver seul avec elles) tenta en vain de s’y opposer (elle redoutait que la scène ne se poursuive et ne s’aggrave chez eux, ce qui d’ailleurs fut bel et bien le cas, et qu’il ne finisse par faire une bêtise, dont il avait parlé). Tous partirent donc, les deux femmes faisant semblant d’être tout à fait calmes. Quand jouaient-elles la comédie ? Mystère. Restée seule avec d’autres policiers, puis avec le premier revenu après les avoir raccompagnées, soulagée par le départ des deux furies, Lena put s’expliquer normalement, quoique tremblant encore, ils semblèrent comprendre et l’un d’eux lui dit qu’il n’y a pas d’inceste entre cousins (oui mais ici la configuration est plutôt fraternelle). Lena en profita pour leur parler du risque qu’elle courrait en restant là (voir la suite) et ils lui dirent d’aller porter plainte le lendemain, ce qu’elle fit. Elle appela des copains (puis son ex mari) et ils parlèrent toute la nuit, dans sa galerie de la rue Désiré, jusqu’à 5 h. David vint évidemment vers le soir tard et il sembla rasséréné (un peu) de parler avec eux. Lena redoutait qu’elles déboulent encore -elles savent où est la galerie et devaient se douter que Lena, trop épuisée, n’ait finalement pas eu la force d’aller ou à Arles ou à Lille. Elle avait fait ses bagages en vitesse et empilé tout dans sa voiture à la hâte, y compris son chien, le seul animal qu’il lui reste (il est probable que les autres ont été empoisonnés) et s’était arrêtée rue Désiré à St Ambroix morte de fatigue.. Mais d’après David, il n’y avait plus de risques car elles avaient simplement voulu faire un clash encore plus violent que les autres qui avaient tous échoués, (la lettre etc..) pour les séparer, cette fois définitivement.

L’ex mari de Lena l’appela de Lille, briefé par la petite qui lui avait assuré que David avait bel et bien écrit la fameuse lettre… que ni elle ni sa mère n’avaient été violentes (!) loin s’en faut, elle voulait juste parler à Lena, qui, très agressive, s’y était refusée inexplicablement (!) etc… du reste Adèle aimait beaucoup Lena (!) et l’avait toujours défendue lorsque des « gens », et il y en avait plein (!!?).. l’attaquaient etc.. La manip, Lena la connaissait bien, l’ayant appris par des amis que cela avait ulcéré, était en réalité de l’incriminer mine de rien ; une réflexion déplaisante à son sujet mais toujours vague, jetée au passage, suivie de la conclusion toujours identique « mais je l’aime bien QUAND MEME car c’est ma cousine ».. ou, si cela avait mordu -rare car Lena est plutôt aimée dans le village- la « défendre » ensuite (!) C’est le principe de l’ambulancier qui écrase intentionnellement un piéton pour se vanter ensuite de l’avoir amené à l’hôpital.) David à qui Lena passa la com dut s’expliquer une fois de plus, dire (à mi mot car devant l’ex mari de Lena comme devant tous il parle peu, pas, ou en dessous du réel de 3000 m) le calvaire qu’il vivait et cachait (plus ou moins) depuis des années contre lequel Lena tentait de le protéger (contrairement à ce que pensait Adèle, Lena avait milité pour qu’ils restassent ensemble au départ). David exposa aussi qu’elle se souciait malgré tout de la santé de Adèle, surfant sur le net à propos des problèmes du médiator.. et des autres médicaments qu’elle prend, après qu’il les lui ait indiqués. Son état de santé est préoccupant. Ce qui peut expliquer ses réactions. (Le sevrage aux amphet, ce qu’est le médiator ! peut générer des troubles psy manifestes et graves, paranoïa, etc.. David dit qu’elle n’est plus la même depuis qu’elle en a pris et surtout arrêté. Il semble qu’on soit dans le cas de figure d’une décompensation de quelque nature qu’elle soit, idées délirantes, jalousie pathologique (son allure physique à laquelle elle tenait beaucoup, fût-ce maladroitement, effectivement s’est dramatiquement modifiée) ... qui tombe sur son mari et ensuite sur Lena ou sur tous ceux qui tentent de le protéger d’elle.) Ce soir là, après la scène, (qui comme prévu avait recommencé lorsqu’il fut contraint par les gendarmes de retourner chez lui avec les deux furies faisant mine d’être calmes provisoirement, les cris résonnaient pendant que Lena faisait ses bagages) David avait sur les bras des marques impressionnantes. Lorsque sans y penser il releva ses manches, Lena (et des copains qu’elle avait appelés) les vit « Qu’as-tu fait? » ..  Il parut troublé «Je me suis griffé avec des ronces » et il les rabaissa en se retournant, honteux. Faux : il s’agissait de quatre marques larges, régulières comme des traits, espacées de 1 cm.. manifestement des griffures humaines et il ne les avait pas lorsqu’il était chez Lena juste avant.

vendredi 21 juin 2013

Lettre à la femme de mon mari. Les hommes de 68 ans qui s'apparient avec des plus jeunes... qui s'empressent. Femmes à la casse.


C'était avant

C'était après



C'était il y a trois ans



C'est maintenant


Madame,
Je vous hais comme je n’aurais jamais imaginé haïr quelqu’un, je vous hais pour votre sourire bêta, pour votre médaille de la vierge, pour votre nom même qui n’est pas vôtre, pour vos ternes cheveux frisés, pour vos sandales de Baden Powell (eussiez-vous porté des escarpins je vous aurais haï pour cela) je vous hais comme certains haïssent les juifs, les arabes ou les femmes mais moi pour une raison unique, de m’avoir pris l’homme que j’aimais, rien de bien mirobolant certes mais enfin je l’aimais justement pour cela. Je vous hais d’une haine animale, inextinguible, très relativement injuste, très relativement car surfer sur des sites de rencontres « sérieuses » (ou de cul) risque de vous faire pêcher des prétendants qui vous racontent qu’ils sont seuls, si seuls, (c’est terrible), séparés (presque, flou artistique) ou que leur bonne femme est… (re flou artistique, en gros, une mégère)… alors que recto verso ils lui assurent qu’elle est le soleil qui illumine leur vie, qu’ils ne peuvent vivre sans elle… et que votre histoire, à supposer qu’ils la lui aient avouée (parfois, forcés, trois ans après) n’est qu’un trompe temps sans aucune importance relié à la solitude ou à une relation difficile avec elle (!) qui les peine tant, (là, il faut les plaindre, sortez les mouchoirs) en somme c’est de sa faute à elle sinon jamais ils n’eussent…  etc..

Je vous hais parce que vous baisez avec lui alors qu’il ne le peut avec moi, forcément le préservatif n’est pas son truc, et, indépendamment des risques de maladies (surtout lorsque l’on s’amuse sur ce genre de sites) j’ai une certaine répugnance à voir une bite qui a trempé la veille dans un autre vagin ou bouche tenter de s’insinuer telle que dans le mien, de même qu’on ne prête pas sa brosse à dent à moins de l’avoir fait tremper dans de la javel puis passée au micro onde, ce qui avec une bite n’est pas facile quoique ça me donne des idées. Je vous hais d’avoir accepté ou suggéré ? avec empressement, après qu’il eût brûlé sa maison car il est distrait, qu’il vienne poser ses valises chez vous et de l’avoir ainsi engagé comme permanent lorsqu’il n’était que vacataire. Je vous hais d’avoir saccagé ma vie avec une aimable désinvolture ou par calcul, d’avoir dix ans de moins que moi (en eussiez-vous eu dix de plus, je vous haïrais sans doute pour cela.. quoique cela m’aurait peut-être donné l’espoir que vous mourriez avant moi) et par ricochet en partie celle de mes enfants qui peinent presqu’autant, même si j’ai longtemps caché cette souffrance au point de ne même plus venir à Paris, de loin, elle était atténuée. Je vous hais de ce que j’ai été formatée par une hussarde noire à la longanimité et de m’être crue plus forte que je ne pensais ; il faut se méfier des philosophes, des héros, de ceux qui se mettent à la place des autres, toujours, s’oubliant eux-mêmes, de ceux qui disent « ce n’est pas sa faute, c’est sa mère qui l’a conduit à haïr les femmes (ou plus exactement à la fois à les mépriser et à en avoir peur) car elle conditionnait son amour à sa ‘réussite’ en tout ce qu’il ne voulait ou ne pouvait pas réussir. Habitué à une pose permanente, un bluff, des cacheries constantes de ses failles… pour espérer être aimé quand il aurait pu l’être malgré ou à cause de celles-ci, sa vie est une vie de chien ou d'équilibriste en somme... une femme qui lui a aussi répété ‘méfie toi des femmes elles n’en veulent qu’à ton argent’ -qu’ils n’en aient plus eu du tout n’avait aucune importance, elle faisait de l’auto allumage-… »

Oui, il faut se méfier de ceux qui disent encore, « ce n’est pas sa faute, elle a dû croire ce qu’il lui a raconté ou suggéré (car il ment par suggestion, là c’est un as) » ou encore « ce n’est pas la faute de sa mère qui a été mariée (plus exactement vendue mais avec son accord empressé) à un homme qui avait le double de son âge avec pour job unique mais pesant de lui pondre fils sur fils, (elle n’en a fait qu’un hélas) » un fils qui devait devenir à son tour le chef et qu’elle considérait comme son mari à condition qu’il le méritât et elle plaçait la barre assez haut. Ce n’est peut-être pas sa faute, celle du pauvre promu malgré lui, celle de la femme au sourire couillon des sites de rencontre genre « dame avec maison de campagne cherche monsieur avec permis de conduire, situation en rapport » mais c’est moi en bout de chaîne qui morfle et ça, non. PLUS JAMAIS. Revenir à Paris où je n’avais pas remis les pieds depuis plus de 4 ans a été un électrochoc : la vision du réel n’est pas identique à son évocation discrète, l’imaginaire floute les détails trop cruels, les images vraies frappent à la gueule comme un marteau. 

Je vous hais du superbe appartement où vous résidez et baisez (au tarif HLM si j’ai bien compris, je parle de l'appart évidemment) dans un quartier que j’ai toujours considéré comme mien (eussiez vous habité ailleurs ce n’aurait pas été la même chose) quand moi je vis (un choix en un sens, si l’on peut dire, j’écrirais plutôt un choix obligé, mais cela est une autre affaire qui ici n’a qu’une place évocative) dans une maison où je me chauffe au bois (je le coupe etc..) et où je n’ai actuellement pas d’électricité, où je vais puiser l’eau (glacée) au puits etc… cela n’est rien, mes ancêtres cévenols l’ont toujours fait et je ne suis pas mieux qu’eux, au contraire… mais une maison où, lorsqu’il arrive (car il vient ou plutôt venait malgré tout) il m’agonit souvent de palinodies cruelles (il lui est impossible de vivre ainsi, dans une telle merde -exact, relativement- il ne comprend pas comment moi je le peux, je suis dégueulasse etc..) furieux parfois au point d’avoir demandé un soir, (le premier soir de son arrivée), d’être raccompagné (puis au téléphone, recherché car souvent il varie).. Forcément, lorsque je vois ce que vous lui offrez et ce que moi je peux lui donner, il n’y a pas photo comme on dit aux courses. Ma terre est belle cependant, ce doit être ce qui le motive, plus l’amour (sait-il seulement ce qui le motive ?) qu’il prétend éprouver pour moi (?) mais ça… car il ne ment pas vraiment, il y a simplement pour lui autant de vérités que d’instants, c’est juste à sa convenance, à son désir, pour obtenir satisfaction, et cela peut changer d’une seconde à l’autre car son désir aussi varie, il me voit, il m'aime, mais alors follement, ("je serai toujours à tes côtés") et la seconde d'après, il appelle pour le TGV; cela ne le gêne en rien de me déclarer son amour puis de « rentrer » comme il dit (chez lui en somme, c'est-à-dire chez vous) juste après… et re belotte le lendemain… C’est cela que j’ai vécu ces jours-ci et qui a outrepassé mes forces sans que je le prévoie, comme un coureur de fond claque d'infarctus au bord de la ligne d'arrivée. Si je rêve de vous dézinguer, c’est pour ne plus souffrir autant, un peu moins seulement.

Il faut se méfier des parfaits ou des gens qui visent la perfection, des héroïques, de ceux qui comprennent tout, qui se croient plus forts que la mort, lorsque la soupape saute, la pression accumulée est énorme. Qui veut faire l’ange etc.. Ce n’est de la faute de personne, oui, mais la pauvre conne (c’est ce que je suis) a changé, comme il m’a dit, bouleversé, (et là c’est sûr, il était sincère) « ce n’est plus toi ! Redeviens toi ! S'il te plaît!» et en effet ce n’est plus moi et ça ne le sera jamais plus. « Moi » est morte définitivement, et avec elle 25 ans de ma vie, c’est en quelque sorte un assassinat rétroactif de moi qui s’est accompli, que j’ai vu s’accomplir en quelques secondes. « Moi », celle d’avant, celle qui l’a aimé malgré ou à cause de quelques problèmes (impossibles à cacher ceux-là) que j’ai contribué à résoudre (en partie), qui a ensuite subi son indifférence, un mari virtuel toujours ailleurs pour « ses affaires », c’est à dire celle de sa « famille », de sa mère, au Brésil et qui l’avais averti que j’avais besoin tout de même de « plus », plus de présence, plus d’amour. Il balayait ces « jérémiades » d’une forte formule « sois raisonnable, voyons, j’ai MA famille, mes immeubles, je ne puis les occulter, c’est comme ça, (sous entendu c’est à prendre ou à laisser) »… jusqu’à ce que je rencontre un homme que j’ai aimé et quitté tant sa douleur était immense (celle de Didier le fut tout autant)… et là, soudain, comme c’est curieux, il s’est mis à me coller, famille, immeubles, locataires, procès, pffftt, fini ! Jusqu’à qu’à nouveau etc… car il est fort ingrat, le bien qu’on lui a fait, la supportation stoïque de certains problèmes siens (pas minces), une fois ceux-ci résolus, est oubliée, du reste ses problèmes mêmes n’ont jamais existé ; tel un poussah il redevient le bluffeur habitué au baisage de bottes, on croirait même qu’il vous en veut alors, peut-être de trop bien le connaître et éventuellement de parler, lorsqu’on bluffe, ça peut vous péter à la gueule, c'est toujours emmerdant.. Cela génère angoisse et problèmes. Pas d'amis, ou alors des gens exceptionnels, juste des relations, voire des courtisans (ça il adore). L'ennui est qu'il confond souvent. Il m'a écrit récemment que si je continuais, j'allais finir par le perdre (!) Sans rire. Même actuellement, il est un cadeau qu'il faut mériter.

D’où ma fuite… et vous-même. Enfin, vous-même, je ne sais pas. En tout cas c’était bien avant ma fuite je pense, (au fond, je ne sais pas trop, il ment avec un tel brio) une Elizabeth (?) également, car je crois qu’il y en eut plusieurs ; je les avais numérotées pour faciliter, il y avait Elizabeth 1 ; Elizabeth 2 et Elizabeth 3.. mais peut-être était-ce la même, la démultiplication des Elizabeth n’ayant été qu’un leurre pour que je croie à des histoires minimes, ça je ne sais pas et au fond je m’en fous? Oui la pauvre conne qui l’a tiré d’un pétrin et ensuite s’est vue mise au rebut, et cela plusieurs fois de suite, qui a quitté un homme qu’elle aimait aussi (et l’a broyé pour le préserver lui, le plus fragile des deux) à présent, a changé ; je vous hais tous deux comme jamais et je ne vous lâcherai ni l’un ni l’autre jusqu’à vous pourrir la vie comme vous avez pourri la mienne.

Je n’ai certes pas votre entregent (j’imagine qu’il en faut pour vivre où vous vivez au tarif HLM et de surcroît prendre des locataires) ni votre âge (en fait j’ai 10 ans de plus je suppose, peut-être plus car sur les photos vous ne faites pas plus de 45 ? ans et j'en ai 65) ni certainement votre force (je ne puis, moi, marcher très longtemps et cela depuis toujours, une sciatique actuellement accentuée par un travail physique assez lourd ou reliée à l’hérédité) mais j’ai une force bien plus grande et effroyable (pour moi) celle du désespoir où vous m’avez conduite et celle-là, est irréfragable. C’est vous qui me l’avez insifflée. (Je laisse la faute.)   
Bien à vous, comme on dit.

dimanche 9 juin 2013

L'Ecole Normale d'institutrices d'Aix en Provence, en 63

 
 En réalité, l'école "Normale" (du moins celle d'Aix) n'avait pas vocation à former des institutrices; rares étaient les élèves qui avaient vraiment la vocation voire le désir de le devenir. Elle recrutait après concours des jeunes filles démunies et bosseuses, parfois des cas sociaux, dont les familles ne pouvaient assumer la scolarité au delà du brevet (après la troisième).. qui, si elles avaient été reçues, se trouvaient emprisonnées pour trois ans (de 15 à 18 ans) jusqu'au baccalauréat.. (un exemple de notre total isolement, nous avons appris la mort de Kennedy un jour après.) Ensuite, il fallait payer l'addition de tous ces repas (excellents certes) gratuits: elles étaient logiquement contraintes de devenir institutrices toute leur vie, qu'elles le veuillent ou non... ayant en quelque sorte été achetées par l'Institution qui les avait nourries, logées et instruites en lieu et place de leurs leurs parents. Jusque là, le deal est quasi normal même s'il confine à un abus de situation (un enfant n'ayant pas le droit de donner son assentiment à un tel marché, les parents qui s'engageaient à leur place disposaient donc d'eux comme des propriétaires d'animaux, ce qui est un peu limite*.) Mais le pire était qu'elles étaient ensuite interdites d'étudier à l'Université, quels que soient leurs résultats. C'était une sorte d'esclavage infantile tout à fait toléré bien que, à y regarder de près, illégal. "Vous ne vous appartenez plus à présent, vous appartenez à l'Education Nationale et vous n'avez donc pas le droit de tomber malades ou de faillir" nous avait dit la prof de math la première semaine, ulcérée de nous voir assises sur une haute balustre ventée. Peu après je tentai de me suicider. Juste pour montrer que j'étais libre. C'est ainsi que je parvins à m'échapper de cette prison... comme seulement une sur 70 détenues que nous étions. 
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 Dans ces établissements, les filles étaient en général issues de ce que l'on appelait les "troisièmes spéciales" des Cours "Complémentaires" (maintenant dits "collèges" ou CEG); après la troisième "normale" et le brevet, au lieu d'aller au lycée en seconde, elles préparaient pendant un an le concours... qu'il leur fallait impérativement obtenir, sinon tout était perdu, les "spéciales" ne tenant en aucun cas lieu de seconde. Rares étaient celles provenant de lycées ; dans la promo où je fus brièvement, j'étais la seule. Une telle origine était assez mal vue aussi bien des filles que de certains profs "maison", une anormale bifurcation (souvent relié à des problèmes familiaux graves et inattendus, ce qui était mon cas) d'un cursus qui devait conduire au bac les élèves de milieu bourgeois ou assimilé... Nous prenions la place de celles qui l'auraient davantage mérité.. et, pire encore (pour les profs maison) démontrions l'inutilité des "spéciales" auxquelles elles tenaient tant, donc la supériorité des lycées (réelle, mais sous omerta.) Ce fut mon cas.
*Mes parents par exemple, dont la situation matérielle était précaire (du moins le redoutaient-ils, bien que très vite ce ne fut plus le cas) refusèrent que je démissionne : mon admission imprévisible les ayant soulagés d'un grand poids, plus question pour eux de le ré endosser. J'étais ainsi assurée d'avoir un travail sûr, une chance rare dans la conjoncture etc etc.. Je ne pus jamais faire entendre ma voix, de quelque manière que je m'y pris, même après avoir clamé partout, jusqu'à la directrice, qu'en aucun cas je ne voulais devenir institutrice. Hypocrisie banale "ce n'est pas grave, vous changerez, la vocation, cela s'acquiert" (!) Après ma tentative de suicide, un appel au secours mais j'étais groggy, ce fut la débandade, l'école refusant d'en assumer la responsabilité finalement me paya une thérapie qui me remit d'aplomb en deux séances et surtout je quittai enfin ce lieu. Ce fut pourtant la fin, en accélérée, de mon enfance (car jusque là j'avais plutôt eu de la "chance" -relativement, si je compare aux détresses que j'y découvris-). J'avais ouvert les yeux sur le monde -le monde réel- dont j'ignorais tout et ne l'ai jamais oublié.
Voir ici http://femmesavenir.blogspot.com/2015/06/lecole-normale-dinstitutrice-et-le.html

lundi 3 juin 2013

Réponse d'un "Victor de l'Aveyron" au Comité CEDIF (pour la détense des individus et des familles). L'amour parental n'est pas obligatoire !




"Catharsis", tableau galerie "Archétype", HL

"Enfance"

"Adolescence"
 Vous avez raison de dénoncer le système qui fait des travailleurs sociaux (reliés à la Justice, elle-même démunie de moyens) des démiurges incontrôlables et quasi incontrôlés (voir "Secret de famille" -lien-) soumettant parfois des enfants de familles défavorisées à des placements arbitraires après des enquêtes partiales voire malveillantes.. générant des drames innombrables sous couvert de les pallier.. 
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Mais je persiste dans mon analyse (au cas par cas, je n’en fais pas une thèse) ayant moi-même été une enfant, non maltraitée au sens où on l’entend généralement –pas vraiment mais quasi totalement désinvestie de la part de l’un de ses deux parents avec l’accord tacite de l’autre, pourtant dominant et à sa manière, aimant– ; ce genre de passif est en général tu par la victime et, au cas où celle-ci fait partie d’un groupe social considéré comme sans risques, personne ne s’en soucie, surtout si extérieurement elle fonctionne "bien" –résultats scolaires, comportement etc.. – Qu’on se le dise : un enfant trop peu dérangeant, de trop bons résultats scolaires.. constituent parfois un signe d’alerte, jamais détecté. Les parents peuvent même être considérés comme parfaits. [Cela change un peu si la victime devient délinquante mais ce n'était pas le cas.] J’eusse bien aimé qu’une personne extérieure quelle qu’elle soit se penchât sur ma famille, ne serait-ce que pour en pointer les dysfonctionnements (légers tant que des membres extérieurs efficaces et aimants, ici des grands parents, des collatéraux, proches géographiquement, compensèrent, mais inquiétants ensuite). 
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Mon cas n’est pas extrême : mes parents formaient simplement un couple amoureux fusionnel fermé –en proie à quelques difficultés matérielles– interdit à tout "tiers" –comme ils disaient susceptible de déranger leur lune de miel permanente; et j'étais un de ces tiers, de surcroît permanent ce qui aggravait le cas. Rarement haïssants sauf cas d' "ingérence" de ma part: plus rien n'existait dès que mon père ouvrait la porte le soir et il ne me fallait pas tarder à filer à ma chambre. Lui n'avait probablement jamais vraiment voulu d'un enfant, n'ayant fait que céder à sa femme comme pour tout. [Deal implicite? qu'il n'ait pas à s'en soucier. A sa décharge, ce fut raté, ma mère étant tombée gravement malade à ma naissance... qui de plus fut suivie d'une série de drames familiaux qu'ils encaissèrent mal... Voulue, oui, du moins à demi, je le fus.. mais regrettée, je le fus bien davantage. Ma chance fut que des grand-parents, oncles, tantes.. prirent le relais tant que nous restâmes dans la région. Il en alla différemment lorsque nous partîmes.]


 Lien

Mais il est des cas où la haine est flagrante (quoiqu’inapparente) et où le discours extérieur des parents est falsifié (incriminant l’enfant pour justifier leur comportement à son égard c’est à dire inversant cause et conséquence).. Et, lorsque la flagrance et l'extrême gravité des maltraitances sont démontrés (viol, inceste par exemple, dans un village où tout se sait.. mais se TAIT) et que l’enfant leur est retiré, souvent avec leur bénédiction inavouée.. ce sont alors les travailleurs sociaux voleurs d'enfants qui seront dézingués. Et à cela, oui, même des quasi analphabètes peuvent s’entendre. 
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Marquée par mon passé, je me suis souvent mêlée de "ce qui ne me regardait pas" et faite piéger. Dans un cas poignant [j’ai "recherché" et hélas retrouvé sans difficultés majeures l’enfant "perdue" soi disant "arrachée" à une famille aimante etc etc.. avec pour résultat un second rejet pour le coup, franc infiniment plus virulent et traumatique.. sous prétexte que la gamine était "insupportable, délinquante, violente" etc.. faux] ce fut un drame pour elle mais aussi pour moi, moindre.
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Mon intervention ayant –involontairement ouvert des placards où pourrissaient des cadavres, l’un des membres de cette famille (une victime pourtant, mais un "syndrome de Stockholm", c’est à dire une victime solidaire des responsables de ses dols et de ceux de sa fratrie) tenta de se venger en me discréditant, sans doute de peur que je ne "parle", que je ne viole l'omerta ["j’étais une folle mythomane frustrée"].. et, geste inouï de celle qui endossait assez bien le rôle de l'excellente amie/voisine/parente, elle m’adressa, signée fautivement par un ami dont il lui semblait vital de me séparer, une lettre sordide d'une effarante cruauté. Le pot aux roses fut dévoilé longtemps après (suite à un enterrement.) Une chance : mon milieu social et ma vie ailleurs m’avaient mise hors d’atteinte de ces scories.. relativement. 
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Il faut donc le savoir : s’ "attaquer" (ou vouloir aider, paradoxalement cela revient au même) à des familles perturbées ET perverses (oui, cela existe) c’est courir le risque : 1 de faire parfois plus de dégâts que de bienfaits et 2 : de se placer soi-même dans leur collimateur. Cela explique la lâcheté de beaucoup, y compris de travailleurs sociaux, même devant des maltraitances extrêmes, évidentes, zoliennes (ces faits que je découvris par la suite étaient en fait connus de tous, mais sous omerta.) Voir "le cas Léna" dans ce blog.
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 Il est faux que les "gens" bavardent, comme on dit; au contraire, pour tout ce qui est grave, lourd, même devant l’évidence, ils se taisent, confus, ne s’exprimant et avec réticences que si quelqu’un, en premier (!) a osé plonger, pour opiner, confirmer, légèrement, l’air de rien, puis, avec des détails de plus en plus précis montrant qu’en fait ils "savaient", bien qu'affirmant le contraire. ("Mais ce sont leurs affaires on peut pas s’en mêler.") En fait, les dysfonctionnants peuvent être extérieurement sympathiques, réellement ou par calcul (?) de parfaits voisins, amis indéfectibles, serviables, bosseurs, d'humeur égale.. et/ou aussi faire peur, peut-être à juste titre : s’ils se comportent de cette manière envers les leurs, que sont-ils susceptibles d’infliger à des out siders qui les défendraient? Comment se "mettre mal" avec qui ne lésine pas à rendre régulièrement quelques menus services? 



A cela s’ajoute que souvent, les victimes enfants "naturels", nés d'inceste, uniques, sur doués, femmes, handicapés, vieux... déjà faibles et davantage écrasées encore, un fait constant est le veto posé d'étudierne se défendent pas ou mal, résignées, se défiant de tous et aimant leur "famille" –à rebours de ce qui conviendrait. ("Et on n'a pas à s'immiscer.") 
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En effet, même si les rétorsions ne sont pas aussi lourdes que certains redoutent, -tout dépend du rapport de forces, ici en ma faveur-, il est vrai qu'il faut s’attendre à un retour de bâton: le dos au mur, le dysfonctionnant peut cogner bas et fort [ainsi la lettre "détournée" enfonça-t-elle le ou plutôt les clous avec une férocité impensable, développant des épisodes douloureux passés et récents, séparation d'avec mon mari suivie de la mort de ma mère.. rejet dont j'avais été victime autrefois exact et à présent faux "personne ne pouvant m'aimer" car ma frustration sexuelle? ce n'était pas dit mais largement sous entendu– et mon déséquilibre me fondaient par jalousie à gâcher le bonheur de familles et de couples s'aimant en toute transparence (!) etc etc*.. Cool.] Ceci pour dire que les travailleurs sociaux eux aussi, eux surtout, aspirés par ces remous de fange, peuvent se fourvoyer et qu'il n’est pas toujours juste de les tacler si violemment.



* Cruel, abject, mais banal : pour isoler et re précipiter quelqu'un dans le gouffre, on l'incrimine pour ce qui précisément l'a blessé : s'il a été rejeté, c'est qu'il ne méritait pas l'amour que naturellement tous les parents offrent à tous leurs enfants sauf à lui. On retourne soigneusement le couteau dans une plaie jamais totalement fermée, et on y verse de l'acide. C'était le corps de la lettre.

Mais ici, cela fut pondéré par la suite par une naïve et presque parfaite inversion des personnages qui rendait certains passages quasiment comiques : j'avais à l'époque un compagnon passionné trop, et surtout trop jeune– qui m'avait guérie haut la main du manque de confiance en soi de ceux qui portent des enfances dysfonctionnantes; "Secret de famille" m'avait libérée ; "Noces kurdes" où pour la première fois je parlais de moi et justement de sexualité venait de sortir et, avec une galerie d'art, je m'étais taillée dans un village d'adoption une place qui me donnait satisfaction. Alors que l'auteure du poulet signé par un autre (!) n'avait pas eu cette chance. De toutes manières, je ne fus pas trop affectée; un peu tout de même : comment pouvait-"il" (il !!) sans jamais l'avoir montré, me haïr avec une telle virulence ? Depuis quand? Je n'eus même pas le courage d'exiger des explications: devant une exécration aussi clairement irréfragable, mieux valait disparaître à jamais, attitude classique de ceux qui ont l'habitude du rejet prévue par la scénariste qui tout de même avait pris un risque (?) se voir démasquée.. ce qui fut le cas, mais trois ans après. Puis je n'y pensais plus. S'il n'y avait pas eu cet enterrement, nous ne nous serions jamais revus.
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[Note : il m'en voulut un peu à juste titre d'avoir pu croire un instant qu'il pouvait avoir écrit ce poulet... mais par ailleurs, ne fit rien de concret contre son auteure qui, avec l'aplomb dont elle ne se départissait jamais, refusa toute explication, elle ne se souvenait plus très bien (!) et puis on n'allait pas ressasser de vieilles histoires sans intérêt etc... En ce sens, on peut conclure qu'il est donc lui aussi responsable comme toute victime qui ne se défend pas (alors qu'elle le peut) car un doleur ne s'attaque jamais à une seule mais à condition que la manip lui semble jouable et que le rapport bénéfice/risque soit positif à toutes celles qui peuvent lui nuire, démolir l'édifice qu'il s'est construit pour la galerie. Et consentir à voir fouler aux pieds sa dignité revient à contraindre d'autres au même reniement, d'où leur rejet ici un demi rejet. En ce sens, la machination fut malgré tout réussie.]

Des risques de se mêler, fût-ce dans la meilleure intention qui soit "de ce qui ne vous regarde pas", définition que Sartre donne des intellectuels ! ["un intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas"]... et de prendre pour argent comptant des tirades de mélo fort réussies dont les dysfonctionnants sont souvent maîtres [l'enfant aimée "arrachée" aux siens par des assistants sociaux impitoyables, que l'on ne parvenait pas à retrouver, l'abominable injustice de la Justice s'attaquant à des gens sans défense, l'incompétence de fonctionnaires etc etc.. Le discours ici pas nécessairement mensonger, pas tout à fait fonctionnant comme une simple aria de pariade ou de catharsis sans conséquences actées, l'erreur fut d'y avoir réagi comme s'il était opératoire, cassant ainsi un spectacle bien rodé à l'intention d'un public facile toujours ému ou faisant semblant –l'adresse de l'enfant apportée sur un plateau deux semaines après obligea à revoir le passage sur l'impossibilité de la retrouver, à quelques évitements acrobatiques, puis à une réécriture en urgence du scénar entier, cette fois en l'incriminant...– La haine, si démesurée eût-elle été, vis à vis de qui avait en quatre coups de fil bousillé une mécanique fonctionnant si bien est une réaction logique.] 
HL
 
"L'âge adulte"