samedi 26 mai 2012

Les manipulateurs en 18 leçons, suite

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Il invoque des raisons controuvées pour justifier une demande inacceptable..

5 AVEC SOPHIE, PAS DE DANGER, ELLE EST FIDÈLE !

Exemple : il a une relation avec une compagne, Sophie, et prétend en avoir avec sa femme Léna, qui refuse net. Il la prie, la supplie : l’autre ne compte pas, c’est elle qu’il aime, elle seule, avec l’autre il s’ennuie tandis qu’elle, elle est géniale, elle est le soleil qui illumine toute sa vie, il ne peut vivre sans elle etc.. Elle refuse tout de même ou, de guerre lasse, finit par consentir.. mais avec un préservatif. Évidemment ça ne marche pas. Et à nouveau, ce sont les litanies "tu es merveilleuse, tu m’aimes ? Je sais que c’est le cas, alors s’il te plaît, allez.. il n’y a pas de risques etc.." Elle ne cède pas, il le lui fait payer, elle ne l’aime pas et puis c’est le foutoir à la maison, comment peut-elle vivre ainsi etc, voir suite plus haut.. Lorsqu’elle lui parle du SIDA, il balaye l’argument d’un revers de manche : Sophie est fidèle, il en est sûr-certain comme la terre est ronde.. Elle objecte que lui-même lui ment lorsqu’il vient la voir : pourquoi Sophie ne ferait-elle pas de même? Comment exiger d’elle plus d’honnêteté qu’il n’en a pour elle ? Il balaye encore l’argument, elle est "comme ça" toute simple, droite, une brave fille sans histoires, il n’y a aucun, strictement aucun risque avec elle etc.. Il est ici odieux à la fois envers Sophie dont il exploite la gentillesse et la crédulité (elle est un peu nunuche) et envers Léna à qui il sort de tels arguments pour qu’elle consente à coucher avec lui. Et lorsque, épuisée, celle-ci lui dit qu’il n’a qu’à cesser d’avoir des relations avec l’autre puis faire un test.. il lui objecte qu’il ne le peut pas car ça lui ferait trop de peine, certes il ne l’aime pas, il s’emmerde avec mais elle est très amoureuse de lui et une rupture serait tragique pour elle… bref, il ne peut se résoudre à lui faire du mal, il ne sait pas faire du mal (!) et il n’a strictement rien à lui reprocher : elle est parfaite, excellente ménagère, compagne conciliante toujours soucieuse de lui, de son bien-être etc.. De sorte qu’il la met dans la position de la garce semant la zizanie dans un couple "heureux", le poussant par chantage à se séparer d’une parfaite sans souci du mal infini qu’elle va faire à cette innocente!! Notons qu’il a fait de même avec sa mère autrefois pour écran (mais elle est morte), Léna était une garce qui faisait du mal à une malheureuse etc.. C’est elle qui blesse, toujours, lui, jamais. Malaise.

Autre exemple : alors que sa femme vient d’accoucher (elle a 15 kilos de trop et surtout elle est épuisée par les tétées, l’absence de sommeil etc..) il arrive de plus en plus tard le soir.. et finit sans qu’elle ne le sache par la tromper avec une collègue de bureau belle et brillante devenue depuis députée européen.. Il le lui annonce un soir juste avant l’arrivée d’invités, au moment où ils sonnent à la porte, puis lorsqu’il ne peut couper à une discussion assez rude, lui explique posément qu’ "il a besoin de quelqu’un qui le sorte de la maison, qu’il étouffe auprès d’elle, après le boulot, il lui faut souffler, les histoires de couches, bon, mais il a besoin de  quelqu’un qui l’intéresse, qui suive l’actu et puisse enfin lui apporter quelque chose d’autre.. comme elle le faisait avant (!).. bref, Frédérique est vraiment vitale pour lui" etc.. Réaction devant l'odieux de ses propos: Léna hurle et lui balance un bibelot (lourd) à la figure (en fait sans le viser réellement).. et il lui propose un petit repos en psychiatrie, ça lui fera du bien. Il finira par rompre avec Frédérique mais au bout de quelque temps car Léna est partie et refuse de revenir. Il le lui reprochera à mi-mot longtemps : il l’aime, la preuve, il a rompu avec Frédérique, elle devrait lui en être reconnaissante car c’est une femme exceptionnelle (exact)… sous entendu qui valait mieux qu’elle (sans doute exact) etc.. 

Là aussi, elle est encore plus ou moins coupable de lui avoir fait abandonner une telle femme… et d'avoir fait à celle-ci, sans doute fort amoureuse de lui (?) une peine infinie (ce point-là, invérifiable, est plus discutable car elle s'est probablement (?) assez vite consolée avec un célèbre ténor écolo -à la personnalité assez opposée à celle de Nathan- dont elle fut la chef de campagne).
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Il prétend exiger la perfection et dévalorise l’autre de manière parfois abjecte, parfois drôle.

6 L’INDEX SUR LE HAUT DE L’ARMOIRE

Exemple : lui veut créer un restaurant pour quitter un travail qui l’ennuie, elle est moins enthousiaste, la bouffe, ce n’est pas son truc, mais y a consenti pour lui faire plaisir. En son absence, elle a donc comme il était prévu transformé (avec un copain) une cave crasseuse en salle, sortant les objets, les amenant à la décharge (!), grattant la dalle (50 m²) à la paille de fer, nettoyant et blanchissant murs et plafonds puis installant rideaux et tables avec des nappes de couleur vives qu’elle a réalisées elle-même. En une semaine, la pièce, sombre auparavant, abîmée, sinistre, n’est plus reconnaissable. Il arrive enfin, elle va le chercher en gare et lui annonce joyeuse qu’il va avoir une bonne surprise.. Les voilà arrivés, il entre, ne dit rien, observe tout sans mot dire… et passe simplement son index sur le haut d’un meuble au fond, le regardant avec dégoût.. "Il faudrait tout de même penser à enlever la poussière." Elle objecte que ce sont justement les travaux au sol qui l’ont soulevée et que ça retombe tout le temps, ce sera sans doute le cas pendant quelques jours encore, puis ça finira. Il lève un sourcil : "Quels travaux ?"

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Il mise sur l’ignorance supposée (même en dépit de toute vraisemblance) pour faire croire à sa supériorité par exemple, il expliquerait Spinoza à une prof de philo comme il apprendrait à nager à un poisson, ment ou contourne la vérité.

7 JE VAIS TE CORRIGER LES FAUTES !

Exemple, elle s’est mise depuis peu à écrire en anglais. Il regarde un de ses blogs, étonné. "C’est bien de t’y remettre à ton âge ! Chapeau..  bon, bien sûr, c’est plein de fautes, (en fait, il n’a même pas eu le temps de lire) mais c’est normal… si tu veux je vais te les corriger.." Phrase à tiroir, comme toujours ("à ton âge", elle a 60 ans, tend à signifier que c’est partie perdue, ou au contraire courageux.) En fait, en prétendant corriger ses fautes, il en commet : ici, ce n’est pas trop grave car vérifiable, la syntaxe d’une langue est une mécanique rigoureuse qui ne se plie pas aux appréciations parfois fumeuses d’une œuvre d’art.

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Il est jaloux (je dirais plutôt envieux), ne supporte pas la critique et nie les évidences.

8 LE LIVRE DE GRAMMAIRE SE TROMPE, MOI PAS !

Exemple : lorsqu’elle lui fait remarquer qu’il commet des fautes en affirmant corriger les siennes, il refuse de le reconnaître, ferraille longuement, nie, (il épuise) puis, devant l’évidence d’un livre de grammaire, affirme que cela peut aussi se dire comme il l’a dit, le bouquin est mal foutu, incomplet, il en est sûr-certain etc…

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Un autre "truc" du réversible. Dans un récit anodin, il coupe l’autre pour lui poser des questions inquisitoires comme s’il s’agissait d’un interrogatoire de police au cours duquel l’accusé devrait quêter l’approbation du juge sous peine de représailles (alors qu’il s’agit d’une simple anecdote banale) faisant comme si on cherchait à lui "vendre" un poisson pourri qu’il examine avec toute la méfiance d’un client déjà grugé.

9 IL FAUDRAIT SAVOIR, IL ÉTAIT ONZE HEURES OU ONZE HEURES DIX ?

Exemple de la transformation par le réversible d’un propos banal en tentative de manipulation de la part de l’autre.. pour des raisons inconnues et ici invraisemblables. Léna revient des commissions. C’est elle qui parle : "J’ai rencontré Dany, elle semble ne pas aller très bien en ce moment, je suppose que…" .. "Où l’as-tu rencontrée ?".. "Dans le village, à l’instant.." .. "Ah bon ? (air suspicieux) mais elle ne sort jamais le matin, elle est malade..".. "Justement, c’est bien ce qui m’a interpelée".. "Mais où l’as-tu vue exactement?".. "Vers le pont, à pied en plus.." .. "A d’autres ! (proféré sur le ton de celui auquel on ne la fait pas !) Elle prend toujours sa voiture..".. "Mais justement, je te dis que c’est ça qui m’a troublée.." .. "Lorsqu’il pleut ? Non, ce n’est pas possible.." etc.. Il agit, même au sujet d’une anecdote anodine, comme si on voulait la lui vendre pour se dédouaner de quelque forfait, c'est-à-dire comme si, en la lui contant, tel un accusé fournissant un alibi bancal, on s’adressait à un juge qui se doit de le vérifier. Du coup, le corps du sujet –pourquoi cette femme va-t-elle mal, l’inquiétude– est évacué parce qu’on a perdu de l’énergie à lui faire admettre (!) un fait qui, notons le, n’a aucun intérêt pour le valoriser ni pour valoriser Léna mais qu’il récuse a priori simplement parce que c’est elle qui l’a relaté. Une menteuse ! Épuisant, déstabilisant, absurde.
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Il adore faire porter ses critiques par un intermédiaire parfois inconnu de sa victime, ou affecte de le faire, sème la zizanie, crée la suspicion, divise pour provoquer des ruptures et isoler celui sur qui il a jeté son grappin.. et aussi, sur le mode du transfert, se sert d’un bouc émissaire pour se tirer symboliquement d’une situation inavouable qui le concerne lui seul (c’est la faute à un autre, par exemple, si X le blackboule : c’est à cause de.. sa/son fille/fils et non de lui, observons que cela vaut même si X ne connaît ni son fils ni sa fille !)

10 CE N’EST PAS MOI QUI LE DIS, C’EST NADIA

Exemple : "Nadia est écœurée de la manière dont tu vis, ça je peux te le dire, elle ne te l’a pas dit, elle est polie, mais elle l’a dit à Nabil qui a dû me le rapporter puisqu’ils ne voulaient jamais venir chez nous, j’ai cru qu’ils étaient fâchés, pas du tout, c’est seulement à cause de toi." 
Suite (lien)

vendredi 25 mai 2012

Les manipulateurs en 18 leçons, fin


" VOUS ÊTES EN RETARD "…

Autre exemple. [Le contexte : Jacques est un père relativement réversible qui a des relations ambiguës avec une de ses sœurs, Denise, également réversible mais avec infiniment plus de force et de talent (il semble qu’il y ait des familles construites sur ce modèle, ce est logique puisque lorsque l’on a affaire à un, on est presque toujours amené à le devenir soi-même), peu sympathique, snob, hautaine ; il l’aime et en même temps la haït mais n’ose se l’avouer. Quant à elle, elle méprise ouvertement ce frère qui n’a pas réussi dans la vie, ne l’appelle presque jamais ni ne lui écrit et passe parfois tout près de chez lui sans s’arrêter… ils ne font pas partie du même monde et elle n’est pas sentimentale, frayant avec qui peut la servir et ne perdant pas de temps avec des petits. En fait, Jacques en a un peu peur mais le cache.]

Ce jour là, il est venu à Paris où vit Denise pour voir sa fille Sonia qui y vit aussi.. Or Denise n’a jamais voulu établir de relations avec sa nièce, ce que celle-ci a fort bien accepté : en 10 ans, pas un seul coup de fil ni message. Sonia, au début de son arrivée, était venue la voir à la demande de son père, celle-ci l’avait reçue assez cérémoniellement pour un thé puis lui avait clairement fait entendre qu’elle avait sa vie et Sonia la sienne et que cela ne se réitèrerait plus. Soit. A présent, devenue âgée et infirme, elle l’appelle de temps en temps et Sonia tente de la réconforter comme elle peut. Jacques a décidé d’aller la voir, ce sera peut-être la dernière fois et Sonia a consenti à le conduire (une heure de trajet) malgré son travail. Elle arrive en retard, des élèves l’ont retenue, il est à cran, presque terrorisé, ils vont être en retard etc.. elle objecte que Denise vit seule dans sa maison et n’a pas d’horaires à respecter, mais rien n’y fait, il est au bord de la crise ; agacée, elle rétorque qu’elle ne va pas s’inquiéter outre mesure pour une personne qui en 10 ans ne lui avait jamais passé un coup de fil avant de tomber malade, pas plus qu’à lui d’ailleurs… et Jacques répond aussitôt que bien sûr, si elle ne l’a pas fait… c’est à cause d’elle (de Sonia… que Denise connaissait à peine !) Il refuse d’admettre cette évidence pénible, sa sœur l’a rejeté, lui, parce qu’il n’était pas au même rang social, et fait en dépit de toute vraisemblance porter la "faute".. à sa fille ! Sonia proteste, exaspérée de jouer une fois de plus les paravents (Jacques agit toujours ainsi envers elle). Ils arrivent enfin. Denise les attend, Jacques est impressionné et, le sentant, avec un sourire glacé, elle observe doucement "Vous êtes en retard"… à quoi, pendant que son père s’excuse lamentablement (c’est la faute de sa fille !) Sonia répond assez grossièrement "j’avais mieux à faire"… ce qui traumatise Jacques… tandis que Denise rattrape immédiatement la brutalité voulue de sa réflexion par un "je me faisais du souci pour vous, je redoutais que vous n’ayez eu un accident.." Les réversibles ne sont pas tous tirés sur le même modèle et sont parfois plus ou moins subtils, ici on a affaire à deux de force inégale.. et en ces cas c’est le plus pervers qui a le dessus et en joue contre l’autre… Mais, s’il se sent soudain en situation imprévue de faiblesse (son bluff n’impressionne pas) il est parfois capable de changer immédiatement son fusil d’épaule. C’est le cas : Denise, opérant un virage à 180°, ajoutera même "de toutes façons, je suis seule et à quelqu’heure que ce soit, toute visite, surtout la tienne mon cher Jacques (ici, avec son sourire glacé, elle omet volontairement Sonia affectant de la traiter comme un chauffeur) est un petit miracle.."
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Il ignore les demandes (il feint de ne pas avoir entendu, fait répéter, ne comprend pas, exige d’autres explications, épuise).

11 MAIS TU NE M’AS PAS RAPPELÉ, JE INQUIÉTAIS !

Exemple, au téléphone, à une question embarrassante, il coupe "il y a un tunnel ça passe mal, je suis désolé !" Ou "excuse moi j’ai un RV urgent, je te rappelle ce soir".. et bien sûr il ne le fait pas, puis le lendemain ou le surlendemain, lorsqu’on l’appelle, il s’étonne que l’on ne l’ait pas fait avant. "Mais c’est toi qui devait rappeler, souviens-toi".. "Tu as bien vu que mon téléphone marchait mal tout de même, c’est pourquoi j’attendais ton appel, je n’inquiétais" etc.. !..

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Ou il change de sujet au cours d’une conversation, et, pour éviter une question embarrassante, évoque des faits anciens et douloureux (culpabilisateurs) pour exaspérer l’autre, le mettre en colère.. afin d’avoir un prétexte pour couper court (puisque tu le prends ainsi, je préfère arrêter, ça ne sert à rien de se disputer). Voir exemple " Tu vas venir ou non ?"

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12 TANIA, UNE HORS-CASTE DE LA PERVERSITÉ, 
LE DUO, LE PLUS INQUIÉTANT

Il utilise les principes moraux des autres pour son compte et jamais l’inverse. Et souvent joue en duo, utilisant un autre pervers plus habile que lui.. qui parfois le manipule lui aussi, ce qu’il ne voit pas. On va voir ici une championne toute catégorie, une hors-caste de la perversité (ici le terme convient bien.)

Exemple. Tania, belle-sœur de Léna (dont elle est jalouse car elle a épousé son frère et a socialement -mais non financièrement- mieux réussi qu’elle qui n’est que femme au foyer) humilie celle-ci en public au cours d’une soirée familiale : elle a à plusieurs reprises parlé en arabe pour accaparer une nièce qui devisait avec Léna, qui ne comprend pas l'arabe, puis nié lorsque Léna s'est fâchée à la troisième fois... Et tous ont feint de la croire, c'est Léna la menteuse! y compris son mari, le frère de Tania, lui aussi "réversible". Tous lui sont tombés dessus et Léna est partie en larmes, sous le regard inoubliable de Tania la "raccompagnant", qu'elle seule a pu voir. Le soir, lorsqu’il rentre à la maison, elle refuse d’adresser la parole à son mari et même de dormir dans le même lit. Il feint de s’étonner, d’être triste, de la consoler. "Que se passe-t-il ?" .. " Ta gueule".. "Mais je ne comprends pas, explique-moi… Ah oui, (il feint de découvrir la cause de la colère de sa femme et d’être surpris) c’est à cause de Tania ?.. Mais tu ne vas pas faire des histoires pour une telle vétille tout de même ? Tu sais bien qu’elle est comme ça, ce n’est pas de sa faute, elle n’a aucune instruction, elle est un peu… complexée, voyons, on le sait et toi, tu es au dessus de ça.." .. "Et tu as pris son parti, avec toute la meute, me laissant seule les affronter et en m’envoyant même des banderilles en prime, alors que tu sais très bien qu'elle mentait..".. "Mais bien sûr je le sais, mais ça a si peu d’importance à la fin, allons, calme-toi, c’est grotesque, ce n’est rien du tout, tu es tellement incomparable, ne te donne pas le ridicule de te ronger pour elle.." Droit dans ses bottes, sachant fort bien (sur ce point il a raison) qu’elle était manipulée par une menteuse hors caste. Là, il va utiliser ses principes moraux (et sa supposée valeur intellectuelle, pour le coup mise en évidence !) pour lui faire avaler la pilule de sa propre lâcheté. Non, il le sait bien, qu’elle ne ment pas, et Tania si, tout le temps, c’est clair. Mais en public, il a fait chorus lorsque l’autre, soutenue par son mari et sa mère (et toute la suite qui n’osait mot dire) a accusé Léna d’être folle (d’entendre des voix ? Ce n’était pas dit mais sous entendu).

Le sourire triomphant de Tania, que la meute ne voyait que de dos, lorsque Léna franchit la porte en larmes, elle ne l’oublia jamais : celle qui en tragédienne consommée affectait une seconde avant le désespoir le plus poignant, laissa soudain pour elle seule tomber le masque de détresse, arborant tout en la fixant intensément avec une indescriptible haine, une extraordinaire mimique de victoire... sans un mot évidemment, lorsque Léna, accablée par la masse rameutée et surtout par la trahison de Nathan, éclatant en sanglots, s’enfuit littéralement sous les cris de tous (y compris de son propre mari)..  Tania, une fois retournée, se recomposa le visage désespéré qui avait ému la foule. Là, le réversible (Nathan) a été manipulé par plus pervers que lui, Tania (à ce jeu, c’est toujours le plus pervers qui gagne) parce qu’il a perdu sa femme… ce qui était le but de sa sœur… mais il en a davantage souffert que Léna qui tout compte fait s’est construite une autre vie meilleure. Une observation ici : le réversible, lorsqu’il est réellement haut de gamme comme Tania, semble n’avoir aucun affect, même familial, même de parent.. ni de logique : il est clair ici qu’elle savait détruire non seulement sa belle-sœur honnie (soit) mais surtout son frère "adoré" qui malgré tout "aimait" sa femme. En un sens, le réversible est comme envahi par une passion de destruction que rien ne peut arrêter, même s’il risque également (dommages collatéraux) de démolir des proches non ciblés en théorie (enfants, frères ou sœurs, parents.. car on ne détruit jamais seulement une personne mais plusieurs) voire lui même. C’est "plus fort que lui", il faut qu’il blesse, qu’il détruise, qu’il manigance pour exister, c’est comme un jeu et parfois il en rit, il ne sait être qu’ainsi, ne peut s’arrêter car il en jouit trop. Il est souvent soutenu par une troupe qui semble inconsciente de sa perversité voire l’admirer. Il aime avoir un public ou plus exactement son public attitré. Parfois, le jeu n'a d'autre sens que d'être seulement cruel, sans aucun bénéfice.

Exemple, Tania, après la mort d’un proche en principe aimé, prit le téléphone comme par jeu et, après en avoir averti sa fratrie, se lança au sujet du défunt pour sa veuve éplorée, sous les fous rires étouffés de tous, dans une tirade-dithyrambe théâtrale volontairement exagérée jusqu’au grotesque.. que la pauvre femme prit pour argent comptant, chargeant de plus en plus les didascalies.. puis éclata de rire après avoir raccroché rapidement car elle n’y tenait plus… et tous soupèrent de bon appétit encore amusés d’une si drôle prestation. Il s’agissait pourtant d’un homme avec lequel ils avaient régulièrement déjeuné et qui les avait largement aidés au cours d’un épisode assez pénible (note, le vrai pervers comme Tania, structurel, rend souvent le mal pour le bien, détestant devoir remercier : les deux mots qu'il n'emploie jamais –méfiez vous de qui a ce travers et ne cherchez JAMAIS à l'aider– sont "merci" et "excusez-moi"). Même la maladie de sa mère "adorée", malgré une émotion de façade, sembla ne pas la toucher (elle vérifiait en permanence si son maquillage indélébile prévu pour la circonstance ne coulait pas) et malgré l’état de celle-ci, fila aussitôt pour un voyage d’agrément en Égypte puis rallia directement l’Argentine sa croisière achevée, sans escale.. 

Note : Tania agit envers ses propres sœurs de la même façon qu’envers Léna et contribua largement au suicide d’un de ses beaux-frères, ciblé juste après elle dans l’ordre de sa haine. Plus fragile, lui.
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Il menace de façon déguisée ou ouvertement..

13 DANS CES CONDITIONS, MIK N’IRA PAS AUX USA !

Exemple : le contexte. [Il a promis à son fils un voyage aux USA où son neveu du même âge, fils d’une sœur cadette, doit aller lui aussi. Ils iront ensemble. Mik est ravi.] Elle s’oppose à lui un soir où elle a des copies à corriger lorsqu’il tente d’exiger qu’elle l’accompagne chez sa mère qui a réclamé sa visite. Elle est fatiguée, le trajet est long, elle a cours le matin tôt.. Il va tenter de la manipuler de toutes les manières. C’est important, ma mère va mal… Mais vas-y toi, c’est toi qu’elle veut voir, pas moi.. pas du tout, c’est important que tu viennes.. Mais je suis crevée.. Ça ne va prendre qu’une heure, tout de même tu peux bien faire ça pour moi.. Mais elle tient bon. Alors il s’exclame comme pour lui-même "il va donc nous falloir lui payer une employée de nuit car on ne peut pas la laisser seule dans cet état là.." Elle rétorque "très bien, si tu penses que ça ira mieux.." Lui s’attendait à ce qu’elle proteste, c’est raté. Alors il sort la grosse artillerie : "Oui, je peux payer, toujours payer ! mais en ce cas, je te préviens, Mik va devoir se brosser pour son voyage aux USA, on n’a pas un budget illimité tout de même.." Le deal ici est clair : ou tu viens avec moi ou je refuse de payer pour le voyage de Mik (par ailleurs promis mais pour le réversible, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.). Elle s’en sortira de manière perverse elle aussi (car le pervers rend obligatoirement l’autre pervers lorsqu’il lui a mis le dos au mur.) "Ça m’arrange tu vois car je n’y tenais pas du tout, il est trop jeune.. et puis en effet c’est cher, mais ce n’est pas grave, je dirai simplement à Annie que nous n’avons pas les moyens et David ira avec José, voilà tout.." Le discours ici est codé : il reçoit une, non, deux pierres dans la figure, de belle taille.. car il pose devant ses sœurs à celui qui a "réussi" et avouer à Annie qu’il a moins de moyens qu’elle (et pire, qu’il en a même moins que la plus jeune) serait une honte dont il ne se relèverait pas. Il hurle aussitôt : "Non, pas question, on n’en est pas là tout de même.." et c’est elle qui va insister pour que le voyage n’ait pas lieu.. pendant qu’il trépigne.

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Il se montre d’un égocentrique quasi comique et ne tient pas compte des droits, des désirs, des besoins des autres.. qu’il ne voit parfois même pas.

14 LES BOUES DE LA MER MORTE

Exemple, Louise, une cousine à lui, âgée, israélienne, que sa femme ne connaissait pas, venue en visite chez eux, observant les difficultés de celle-ci à ouvrir l’escalier amovible qui dessert le second étage, agacée, demande à Nathan de l’aider (il ne le fait jamais et ne voit même pas qu’elle peine) puis elle la questionne : n’a-t-elle pas des problèmes de dos ? Elle confirme. Louise lui dit alors que les boues de la mer morte sont excellentes et lui propose de venir en Israël en faire une cure. Lui la coupe aussitôt, il va y aller, dit-il, (mais pas Léna !)… et, exaspérée, Louise lui lance "mais je parlais de Léna : que toi tu ailles prochainement te baigner dans la Mer Morte ne fera rien pour ses rhumatismes à elle !"

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Il pratique souvent le double bind. Son discours, emberlificoté, paraît logique (enfin, presque) mais ses attitudes, actes répondent au schéma opposé, ce qu’il nie (ou justifie) par un autre discours, contraire ! toujours aussi emberlificoté !  Tout son logos est en fait une bouillie sans sens réel.

15  DES ATTITUDES INAPPROPRIÉES. 
JE SUIS SI INQUIET POUR TOI MA CHÉRIE !

Exemple, il va l’appeler x fois alors que tout va bien et qu'il le sait (mais il est inquiet dit-il) et qu’elle est avec une amie qui l’a tirée d’affaire simplement en l’écoutant et ne lui parlant... mais jamais lorsque ce n'est pas le cas, le soir notamment où elle était (à cause de lui entre autres) en pleine crise d’angoisse voire de panique.. et mieux, il s’arrangera pour ne pas pouvoir être joint. Elle lui avait laissé un message sur son portable. Deux soirs de suite. En tout, il y eut dix (?) appels nocturnes, du jamais-vu car elle n'appelle presque jamais et surtout pas le soir afin de ne pas le mettre mal avec sa compagne. Puis la crise passée, le surlendemain, il va l’appeler.. et l’accabler "ce n’est rien, c’est juste que.." car il a son diagnostic, lui, et ce qu’en disent les médecins (un burn out relié au surmenage) il le révoque en doute.. Puis il va la harceler d’appels alors qu’elle ne le souhaite visiblement pas ou plus exactement plus et l’accabler de déclarations d’amour panégyriques totalement contradictoires avec son attitude précédente qui la mettent mal à l’aise. Les écouter seulement lui donne l’impression qu’il se moque d’elle.

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Il flatte, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins.


16 VOYEZ COMBIEN IL EST PUDIQUE !

… Oui, il se répand en panégyrismes si possible juste après une démonstration d’indifférence rare et particulièrement cruelle.. C’est le principe du brûlant-glacé, du déni du réel, qui donne le vertige et peut rendre fou lorsqu’il est appliqué à un enfant (a-t-on bien vu ? S’est-on trompé ? tant c’est parfois énorme).. que l’on pourrait comparer à ce qu’on ressentirait si le témoin d’un exhibitionniste en pleine action que vous venez de dénoncer (et qui nie farouchement cette propension chez celui-ci) s’exclamait triomphalement en le pointant en train de se masturber "vous voyez bien comme il est pudique, je vous avais dit que vous vous trompiez!" Le réel, pour le réversible, c’est ce qu’il dit et non ce qui est devant lui. Attitude qui dans certains cas, confine à la psychose.

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Il suscite un état de malaise, d’angoisse voire de terreur et, malgré une intelligence très moyenne, est un champion pour atteindre ses buts au dépends d’autrui et faire faire à l’autre des choses qu’il n’aurait jamais faites de son plein gré sans qu’il ne s’en rende compte.. même si sa victime est plus intelligente que lui. 

17 L’ANNÉE PROCHAINE A JÉRUSALEM, 30 ANS DE PROMESSES

Exemple : un homme parvient à faire croire à sa femme que "bientôt" ils iront vivre là où elle veut… là où il était prévu qu’ils aillent … durant 30 ans ! "On reste à Paris juste un an, lui avait-il assuré pour la pousser à partir le rejoindre et après, d’accord, on ira dans le Midi.." Elle l’a cru. Il n’en avait en fait jamais eu l’intention et l’avait simplement manipulée pour qu’elle reste avec lui là où il voulait, lui, demeurer, quelle que soit sa détresse au départ [car sa famille à lui (sa mère et ses sœurs) qui devait le suivre (ce qu’il s’était bien gardé de lui dire) n’imaginait pas vivre ailleurs que dans la capitale et ne pouvait vivre sans lui et vice versa.]

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Il est aussi constamment l’objet de discussions entre gens qui le connaissent (ou pas), même s’il n’est pas là, obsède l’autre et celui-ci par ricochet transmet son obsession.

18 LUI, TOUJOURS LUI, ENCORE ET ENCORE

Comme tous les phénomènes incompréhensibles et inquiétants en effet, il suscite non seulement la peur et le malaise mais aussi la curiosité.. et de multiples études.. Il fascine.

dimanche 20 mai 2012

On ne naît pas pervers, on le devient. Ceux qu'on appelle à tort manipulateurs

Le mot pervers ou manipulateur et tous ces concepts unijambistes n'expliquent rien et laissent penser que l'on naît ainsi. C'est faux. On le devient par l'éducation : les parents formatent leurs fil/lles à la manipulation comme on leur apprend l'anglais ou les maths. Ceux-ci, lorsqu'ils ont tenté d'échapper au milieu familial, souvent délétère, peuvent alors alterner des périodes normales et des périodes de rechutes comme si le virus resurgissait lors d'un stress même minime.. pour se mettre en sommeil un temps (jamais très longtemps). 

 Ce n'est pas forcément un calcul et dans certains cas ils sont sincères. D'où le désarroi de la victime.. qui parfois SAIT, rien qu'à l'intonation de la voix, même au téléphone, s'il/elle est en phase "malade" (car c'est une pathologie dans la mesure où le sujet se détruit en même temps qu'il détruit l'autre) ou en rémission. Dans le premier cas, la voix est atone, blanche, met mal à l'aise, en décalage complet parfois avec ce qui est dit (par exemple il dit "ça va" sur un ton mourant.) 

 Les gens de ce type, détruits, vides, cherchent un tuteur pour se tenir, une victime pour s'en repaître.. mais ils finissent par la haïssent justement parce qu'ils en ont un besoin vital (et, ils le ressentent parfois même si c'est à tort, la réciproque n'est pas vraie.) Ils savent eux-mêmes qu'ils ont ce besoin VITAL, c'est leur talon d'Achille, et pensent qu'elle le sait aussi (ce n'est pas toujours vrai).. donc cherchent à la persuader qu'elle ne peut vivre sans eux. Un transfert. Pour cela, il faut la dévaloriser, la détruire. Pas totalement, juste assez pour la tenir. Ils y parviennent parfois, pas toujours, il y a autant de sortes de victimes qu'il y a de sujets de ce type. Il est vrai qu'ils pratiquent par transfert, par exemple accusent l'autre de manquer d'empathie, d'être sauvage, d'être isolé/e.. alors que c’est eux qui souffrent de ne pouvoir accéder à l'autre. Mais la réalité souvent pointe son nez: malgré les apparences, c'est lui qui n'a pas d'amis, qui est d'une timidité qui confine à la pathologie, cela se perçoit lors d'une séparation (même brève) : elle est soudain très entourée et lui, seul.

Il va illico s'en chercher une autre car il ne peut supporter la solitude mais jamais elle ne sera aussi performante que la première.. qu'il va alors tenter de reconquérir tout en gardant l'autre sous le coude, on ne sait jamais. Il/elle a besoin de plusieurs "cordes" à son arc et de jouer de l'une contre l'autre; il prétend être un "sauveur", un cadeau inestimable qu'il daigne offrir à celle qu'il a choisie.. MAIS QUI NE LE MÉRITE PAS, un cadeau que d'autres QUI LE MÉRITERAIENT aimeraient bien recevoir... et il lui fait entendre que si elle n'en veut pas, si elle refuse d'être sauvée il y en a sur les rangs, pléthore. Il la met dans une situation d'angoisse ou de gratitude permanente.   

Cela n’exclut pas une valorisation paradoxale rarement pointée dans les analyses. Par exemple elle a peint un tableau qu’il va démolir savamment (mais elle peut n’en tenir aucun compte si elle a autour d’elle des gens qui l’aiment). Tout son discours est codé : "Ce n’est pas mal, mais enfin le bras n’est pas à sa place, ça fait difforme, enfin je ne sais pas, c’est peut-être voulu… en fait, c’est surtout la couleur qui gêne, ce rose bonbon, non, ça ne va pas, il faudrait un ton plus foncé, ou plus… mais c’est bien tout de même.. pour un début" etc… Ou encore au sujet d’un texte en anglais "c’est plein de fautes (il n’a même pas eu le temps de lire en entier) mais c’est drôlement courageux de te remettre à l’anglais à ton âge, chapeau, je vais te le corriger si tu veux.." (Or, le texte ne comprend aucune faute, il a été relu par une anglophone… et en prétendant "corriger" la syntaxe, en réalité, il commet des erreurs!) Mais lorsqu’ensuite le tableau (ou le texte) sera apprécié (celui-ci a été vendu immédiatement) il se montrera très fier d’elle. Affiché sur un panneau par exemple, il sera le premier à dire "c’est ma femme qui l’a peint" !!

Le sujet de ce type en un sens se mésestime lui-même et mésestime dans la foulée tous ceux qu’il a réussi à  séduire, comme un escroc ses dupes ; il n’a aucune confiance en lui, ne sait que penser : tout son discours est relié non pas à ce qu’il pense ou sent vraiment mais à ce qu’il suppose qu’il faut penser ou ressentir.. ou à ce qui va lui servir, lui (s’il est dans une phase normale ou s’il a quelque chose à demander, il va trouver un tableau/texte "bien" mais dans le cas où une rancune l’étouffe, il le démolira, comme un enfant de 4 ans.) Il ne sait pas où il en est, cela peut être relié à un déracinement et à un malaise devant une culture qu’il ne possède pas totalement. 

Malgré les apparences, il n’aime pas qu’on l’aime, ou plutôt il le recherche à tout prix mais ensuite, comme il "sait" (ou il "croit à tort" en) sa non valeur, il va mésestimer sa victime qui s'est faite avoir, qui donc est "pire" que lui, à la manière des escrocs se moquant intérieurement de leurs gogos. On peut le "sauver" en lui faisant prendre conscience de sa valeur, mais ce n'est pas une partie aisée à jouer et il ne faut jamais baisser la garde car alors il a tendance à en profiter. Avec lui, ce sera toujours malgré les apparences une relation de pouvoir et d'intrigues. 

Une cause supposée, la confusion des générations : des relations de sur-valorisation paradoxales (ou de sous-valorisation) dans l'enfance avec un parent du sexe opposé qui confinent à l'inceste. La mère par exemple a traité son fils comme son mari : il fut un enfant-roi à qui on n'a jamais osé dire non mais dont on a exigé un total dévouement au clan.. Cette relation fusionnelle a vampirisé l'enfant, lequel, vidé de sa substance, sera contraint de pomper une victime pour vivre ensuite. L'archétype de cette configuration familiale est une mère beaucoup plus jeune que son mari (veuve ensuite) frustrée de toute vie affective et sexuelle ayant reporté sur son fils des affects en principe réservés à une relation sexuelle.. son fils avec lequel la différence d'âge est moindre qu'entre elle et son mari "officiel". L'histoire peut se poursuivre à l'infini si celui-ci, empêché d'avoir une vie sexuelle finit à son tour par se marier tardivement, en général après la mort de la matriarche, avec une toute jeune fille qui fera de même avec son fils etc.. Dans certains milieux où les mariages arrangés sont la règle absolue, cette configuration est banale.. et ses conséquences dramatiques, également. On ne naît pas pervers, on le devient.

mercredi 1 février 2012

Traité de savoir-vivre à l’usage des gens de pouvoir (petit ou grand.) Du grand art


Vous êtes un élu. Petit ou grand. 

COMMENT SE DÉBARRASSER 
D'UN QUIDAM RÉCALCITRANT en 8 leçons

Soit un rendez-vous embarrassant avec un récalcitrant, rendez-vous auquel vous avez été envoyé par un supérieur, au cours duquel vous savez que vous allez devoir accorder quelque chose... que votre boss veut refuser, se servant de vous comme fusible-paravent (dans un cas délicat où par exemple il/vous êtes dans l’illégalité, mettons qu’il s’agisse de travaux urgents sur une voie publique devenue dangereuse et que le RV soit justement avec un quidam qui y a chuté mécontent d'une bosse et d'une promesse non tenue.)


1 LE RETARD. Arriver délibérément en retard d’une demi-heure ou, si l’interlocuteur est difficile, trois quart d’heure (ne surtout pas le prévenir ni lui présenter des excuses si ce n’est de manière vague, indirecte et quasi insultante, vous êtes fatigué, vous venez d’enchaîner rendez-vous sur RV, vous avez froid, chaud, ou de la fièvre etc.. bref vous n'êtes pas n'importe qui (sous entendu comme lui.) Ne jamais employer le mot "retard" mais "problèmes" ou nécessité, parlez d’une autre affaire, de votre implication partout, de votre surmenage, cela vous posera et lui sera -peut-être- mal à l’aise : il contribue à votre épuisement. L’attente de toutes manière va l’agacer, lui faire (peut-être) perdre ses moyens. L'idéal est bien sur qu'elle ait lieu sous la pluie ou dans le froid, dehors.

2 TENTER MINE DE RIEN DE LE POUSSER A BOUT DES LE DÉPART. Vous avez consenti à venir, que ce soit clair, il vous doit quelque chose. Lors d’une partie de sa requête, minime et secondaire, se montrer distant sur ce point évident, prendre un air dubitatif, distrait, comme un médecin spécialiste excédé devant une infirmière  qui lui dicte son diagnostic. Ensuite, s’il le faut, soyez résolument assertorique quelle que soit la contre vérité que vous allez énoncer (mais toujours sur un ton neutre, celui du spécialiste).. et surtout si elle est flagrante ! Cela va l'exaspérer, le fatiguer. Annoncez par exemple si votre quidam se plaint d'un saccage évident d'une voie publique : "Il n’y a pas de règlementation à ce sujet" alors que : 1 il y en a une que vous n’ignorez évidemment pas… 2 votre interlocuteur le sait aussi et sait que vous le savez. Résultat garanti de toutes manières : s'il ignore la loi, cas peu probable, c'est gagné il va se taire, consterné, et s'il sait que vous mentez ou faites erreur, cas quasi certain, il sera furax, ce qui n'est pas mal non plus. S’il se laisse aller à la colère, c'est gagné.

Vous tiendrez là le prétexte à des digressions longuettes et  éprouvantes pour qui se heurte à la mauvaise foi, ça vous fera gagner du temps.. et vous positionnera encore mieux. Vous êtes celui qui exige des comptes, qui peut dire n'importe quoi. Lui se sentira obligé de donner des sources, de justifier l’évidence etc… (C’est mieux si vous êtes en tête à tête car ensuite vous pourrez toujours nier avoir dit cette énormité, vous ne vous souviendrez plus etc.. Sinon, agissez avec plus de précaution, surtout si la contre vérité est facilement vérifiable car cela pourrait être utilisé contre vous et vous mettre dans une situation embarrassante : soit vous êtes un con soit de mauvaise foi.) Pendant sa réplique, hochez simplement la tête avec circonspection mais ne dites surtout rien, n’exprimez rien (le silence et l'indifférence déstabilisent davantage et, si les mots peuvent être rapportés, les mimiques ne le peuvent!) et/ou enchaînez sur autre chose. S’il est coriace et vous questionne précisément et finement, sans agressivité visible ou pire, avec humour ("mais vous le savez bien tout de même, non ?") faites celui qui n’a pas entendu. S’il insiste, lâchez un peu de mou (un brin d’humour n’est pas mal) en prétendant ne pas être spécialiste et dépêchez vous de noyer le poisson en changeant de sujet, en digressant, citant des exemples... qui n’ont rien à voir, cela ne fera (parfois) que l’agacer davantage. S’il rétorque calmement… que cela n’a rien à voir ! et que vous ne pouvez éluder, alors, il faut céder, mais trouvez alors un argument perso pour vous accorder avec lui (ne jamais vous servir du sien : c’est vous qui pensez et non lui.) Vous serez à temps de revoir votre position après (voire même de l’inverser !)

3 L’ARROGANCE BLANCHE. Faites semblant de ne pas voir ce qui est en la faveur de votre interlocuteur même et surtout s’il s’agit d’une évidence. Ignorez le. Par exemple, s'il a défriché un chemin communal où à présent on circule librement, marchez mais n’en faites surtout pas état, c’est normal, et même jouez les étonnés s'il le mentionne : "vraiment? C'était impraticable?" ça l'énervera -peut-être- et changez vite de sujet. Vous êtes celui qui juge et qui apprécie. Mieux, quoique plus délicat selon la personne, si vous la sentez faiblir, critiquez -légèrement- ce qui a été fait. Il sera furax... ou peut aussi réagir avec humour, là c'est raté, tant pis.

4 DÉVIER LA CONVERSATION. A une suggestion de votre interlocuteur, ("on pourrait par exemple faire ainsi") indignez-vous immédiatement sur ce point de détail sous des prétextes divers (esthétique, pratique etc..) puis, s’il vous y force, revenez au corps du sujet lui-même (sinon c’est plié, on n’est pas d’accord sur les méthodes et le temps que l’on s'entende... -ensuite, en cas de pépins, vous pourrez toujours vous réfugier derrière ce détail qui a tout bloqué, votre bonne foi est intacte).. Puis, si vous ne pouvez faire autrement, revenez au sujet en consentant finalement à sa solution comme si vous lui cédiez par gentillesse… "Soit, au fond, vous avez raison, je ne m’oppose pas" (il faut toujours faire comme si on vous demandait une autorisation, même si ce n'est pas le cas -mettons que la légalité ne le requière pas-, ça déstabilise*) mais là aussi, trouvez toujours un argument vôtre, jamais le sien: ce qu’il dit n’a pas d’intérêt, vous ne l’écoutez que par courtoisie, c'est vous qui savez, qui décidez, qu'il le comprenne bien. Faites celui qui consentirait (peut-être, restez résolument vague) par longanimité, même si vous êtes dans d'assez mauvais draps. Vous serez toujours à temps d’ajouter in fine (mais pas tout de suite) que ce n’est pas vous seul qui décidez et que, malgré toute votre bonne volonté et la justesse de la cause, vous ne pouvez rien assurer. Cela, ce sera le mot de la fin.

5 LA "GAFFE INTENTIONNELLE". Si un autre interlocuteur survient (gênant, mais il faut évidemment faire bonne figure) soyez aimable mais lancez lui au passage une réflexion légèrement blessante sans insister. Par exemple, s’il dit vous connaître -que vous le connaissiez aussi ou non qu'importe- affectez de ne pas vous souvenir de lui, "vous voyez tant de gens" etc.. c’est léger mais cela peut impressionner et mettre mal à l'aise… (peut-être), vous êtes quelqu’un d’important et non lui. Si cela ne le déstabilise pas, tant pis, il fallait le tenter.

6 LA MAUVAISE FOI. Soulevez si vous le pouvez un autre prétexte empêchant dont vous n’ignorez évidemment pas l'invalidité (mais votre interlocuteur peut se laisser abuser, c’est à tenter) qui soi disant pourrait empêcher le déroulement de travaux requis… sans que vous n’y soyiez pour rien. Le point annulé par une réplique (juste et incontournable) éludez vite, c’est raté, n’insistez plus. Concédez lui quelque chose (mais jamais rien de concret) pour sauver la face mondaine, ignorant l’âpre négociation sous tendue par une menace de la part de votre adversaire. Si votre interlocuteur vous rappelle un fait gênant (une promesse préalable non tenue par exemple), niez, défaussez-vous sur un subalterne (vous n'êtes pas au courant) ou lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement, invoquez vaguement une cause majeure, financière ou autre… dont vous savez tous deux qu’elle n'est qu’un prétexte et enchaînez sans lui laisser le temps de répondre. Si votre interlocuteur décidément mal poli révoque calmement ou avec humour votre explication, prenez l’air étonné et réitérez la fermement, comme s’il s’agissait d’une évidence. Cela peut l’exaspérer. Si ce n’est pas le cas, changez vite de sujet.

8 L'INTIMIDATION HARD
Si vous vous êtes vraiment mal (le quidam est tombé dans un fossé et s'en trouve assez mécontent) allez-y franco au bluff, c'est à tenter. Menacez le par exemple d'interdire le chemin.. qu'il doit emprunter pour se rendre chez lui. Il se peut qu'il s'aplatisse aussitôt, désespéré, c'est gagné. Il se peut aussi qu'il vous réponde "vous n'en avez pas le droit". Bottez en touche.. ou même, mais seulement si vous êtes en tête à tête, prenez l'air méprisant et faites un geste (mais attention, évitez une parole) qui signifie clairement "le droit, bof.." Attention toutefois aux caméras cachées.

9 LA CONVERSATION MONDAINE. Pour finir, mettez-vous d’accord avec lui sur une profession de foi théorique qui ne mange pas de pain (par exemple écolo, ça le fait bien) qui va vous le concilier et quittez le avec la douche froide finale en réitérant que vous allez parler en haut lieu en votre faveur mais sans certitude hélas (même si par exemple cette garantie a déjà été fournie !) Une manière de reculer en prétendant faire avancer les choses. Votre interlocuteur avait cru à une avancée, coup de théâtre, il s’agit au contraire d’un recul! Ainsi sera-t-il moins à l’aise en allant le lendemain voir votre chef. Vous avez bien fait votre boulot et serez sans doute félicité.


* Exemple, lorsqu'un quidam vous dit (et non pas vous demande) qu'il va faire analyser l'eau de la rivière qui passe chez lui, essayez le le décourager, c'est cher, ça n'a aucune valeur juridique, ça ne sert à rien... et s'il tient son cap, annoncez noblement "je ne m'y oppose pas" alors même que vous ne le pouvez en aucun cas. Il vous remerciera (peut-être) ou rétorquera que "de toutes manières vous ne le pouvez pas". C'est à tenter. 
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De l’autre coté ; ne vous laissez pas abuser. Faites remarquer le retard mais sans agressivité. Ne vous laissez pas impressionner. Attitude neutre ou résolument ferme et "politique" mais calme, légèrement condescendante. Revenez au sujet sans cesse. Dix fois s’il faut. Si réellement on se moque clairement de vous, rectifiez, mais toujours sur le ton aimable et patient d’un prof à un élève borné. N’hésitez pas, si une contre vérité vous est assenée, à la dénoncer avec humour. Sachez surtout que les politiques ont besoin de vous plus que l’inverse.. et que tout cela n'est au fond qu'un cirque où seul le rapport de forces joue et non les arguties éidétiques, simples prétextes. Votre interlocuteur sait fort bien que vous êtes dans votre droit, qu'il est "mal", que vous êtes soutenu par beaucoup, qu'il est déjà faiblement positionné vis à vis de vous.. et sa prétendue circonspection relative aux arguments qu'il prétend exiger n'est qu'une farce pour éviter si possible de tenir ses promesses... ou sauver la face lorsqu'il y sera contraint (lien avec l'article en anglais).
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Quatre ans d’une vie pleine…
Pour la justice et un bout de pays
Ruiné par des inconscients en lice,
Cela en valait-il la peine ?

L’un accepte avec sourire sa terre confisquée,
Pour -peut-être- en tirer un petit bénéfice,
Ou pour rien, juste pour ne pas se montrer,
Ils sont plus forts et on ne sait jamais..

Un autre admire que l’on se bagarre
Mais lui n’a pas bougé, il n’y avait pas pensé,
Un troisième soudain est devenu aveugle, fuyard
Redoutable ! Qui sait comment ça va tourner ?
Attention, pas de heurt !

Beaucoup avec prudence me soutiennent de tout cœur,
Par simple amitié ou amour, la peur aux trousses,
La peur de quoi ? La peur sans quoi, juste la frousse.
Se battre pour tous et contre tous ou presque,

A la fois, oui, cela en valait-il la peine ?
Si le concept n’est pas accessible, burlesque,
L’affaire n’est pas la Justice contre des margoulins
Mais celle de Truc contre Machin,

Duel dont la victoire même est faussée.

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Four years of a life ...
For justice and a bit of country
Ruined by unconscious in business run,
Was it worth ?

One agrees with a smile his land stolen,
For -maybe- a small profit,
Or for nothing, just not to be seen,
They are strongest and you never know ..

Another admired that one to fight
But he has not moved, he had no thought of that,
A third suddenly became blind,
Who knows how that will turn?

Many support me with all their heart,
For simple friendship or love, but with fear.
Fear of what? Of nothing. Just fear.

To fight for and against everybody,
Was it worth?
Without the concept,
The case is not justice against inequity,
But Jones against Smith,
Duel whose the victory itself is distorded.



mardi 3 janvier 2012

LAWRENCE d’Arabie (1888-1935), la déchirure; anglais, arabe, misogyne, homo, violé, militaire, amoureux, irréductible, traître, mégalo mais fuyant la gloire jusqu'à la mort, et écrivain. Un symbole ! Gertrude Bell, une traîtresse trahie..

(Bilingue français-anglais, bilingual french-english)

Lawrence of Arabia (1888-1935) the tear : a double face man, english and arabic, misogynist and libertarian, gay and puritan, military and romantic lover, traitor and loyal, irreducible and devious, megalomaniac and fleeing glory unto death, otherwise raped and writer. A symbol !  
And Gertrude Bell, a betrayed traitor ..

"Les sept piliers de la sagesse"
est dédié à son jeune amant arabe
en ces termes poétiques:
"I loved you, so I drew these tides of men
And wrote my will across the sky in stars
To gain you freedom,
That your eyes might be shining for me
When I came."
"Je t’aimais, ainsi ai-je levé des marées d’hommes
Et écrit ma volonté dans le ciel et les étoiles,
Pour que tes yeux brillent quand je venais."
[Note de moi : ne se prendrait-il pas
un peu pour Alexandre? passons..]

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UN PERSONNAGE TOUT EN CONTRASTE

 "Tout ce à quoi tiennent les hommes – l’amour, la camaraderie, l’amitié- est impossible dans l’hétérosexualité. La femme est une machine vouée à l’exercice musculaire, une machine à satisfaire les appétits physiques mais l’homme ne peut assouvir ses aspirations que parmi ses semblables car l’union corporelle est complétée par l’union spirituelle… quelque chose de plus que la simple attirance charnelle." (1ère traduction des "Sept piliers de la sagesse".) Sans commentaires, c'est trop mignon !!!

Né d’une union deux fois adultérine -ce dont il eut honte toute sa vie- entre un père baronnet et une domestique pour qui celui-ci avait quitté sa première épouse, Thomas Edward Lawrence étudie à Oxford et se destine à l'archéologie. Au cours de fouilles en Syrie, il rencontre en 1911 celui qui deviendra son grand amour, Dahoun, 15 ans (photo). Il lui apprend lecture et écriture, Dahoun, l’arabe et en 1913, il l’emmène en Angleterre –ce qui scandalise– ; de retour en Égypte, ils vivront ensemble jusqu’en 1917. Dahoun mourra du typhus, le laissant inconsolable.

Lors de la guerre de 14, il est affecté au service géographique du Caire puis dans les services secrets ; parlant plusieurs dialectes [moins parfaitement qu'il ne l'affirme, de même qu'il s'octroie parfois dans ses écrits un rôle plus important qu'il n'a eu, occultant ses rivaux français comme le général Brémond] s’habillant comme un arabe, ayant noué des relations avec les tribus, il convainc ses amis de lutter contre les turcs [alors alliés des allemands] notamment l’émir Fayçal qu’il aide à réorganiser son armée. Le 6 juillet, 1917, avec Auda Tayi, après une périlleuse traversée du désert, il prend à revers le port d’Akaba, les canons turcs étant dirigés vers la mer, une victoire stratégique inespérée.

Mais en novembre, sa vie bascule : fait prisonnier, torturé et violé par un officier turc et ses hommes, il écrit "mon intégrité personnelle a été irrévocablement perdue." Le viol ayant généré un fort sentiment de culpabilité par la jouissance qu'il en a tiré, sa vie devient un combat. L’éducation reçue de sa mère puritaine rigoriste -malgré sa vie hors norme ! - qui le frappait durement le fonde à honnir le masochisme comme une honte impardonnable.. mais aussi à penser que la douleur efface le péché.

Sykes
Le 1er octobre 1918, à la tête des troupes de l’émir Fayçal, il entre dans Damas avant l’arrivée des troupes britanniques du général Allenby. "Le roi d’Arabie sans couronne" comme on l'appelle alors accompagne l’émir en Angleterre puis à la Conférence de la Paix à Versailles où il s' "aperçoit" qu'il a trahi ses amis arabes. [Il semble pourtant difficile de croire qu'il n'ait rien sur des accords "secrets" Sykes-Picot* passés entre l'Angleterre et la France sur le démembrement de l'Arabie après la victoire] : les alliés se partagent Égypte et la Syrie comme prévu, l’une est placée sous protectorat anglais et l’autre sous protectorat français. Il démissionne alors de son grade de colonel et écrit. "Le plus puissant des motifs qui m’avaient fait agir est un motif personnel que je n’ai pas mentionné dans ce livre mais qui fut présent à chaque heure. Ce motif est mort avant que nous eussions pris Damas." Une jolie histoire romantique et sotte : une chance que le bel éphèbe -un peu trop jeune pour lui, ici on n'est pas très loin de la pédophilie- n'ait pas été allemand et que les goûts de Lawrence l'eussent plutôt poussé vers l'exotisme moyen oriental !


Les accords Sykes-Picot, démembrement de l'empire ottoman!
 Il sait passer pour un traître aux yeux des arabes -ce qu'il est en un sens- et pour se démarquer, refuse les décorations offertes par le Roi d’Angleterre en des termes on ne peut plus clairs qui peut-être finiront par lui coûter la vie : "J’ai fait certaines promesses au roi Fayçal et ces promesses n’ont pas été tenues.. Il n'est pas exclu que nous nous retrouvions des deux côtés opposés lors d'un engagement militaire et il ne serait pas convenable que je combatte avec ces décorations." Acte de bravoure? pose peut-être ordonnée pour se dédouaner aux yeux de ses amis arabes? Il demeure qu'en février 1920, Winston Churchill, Ministre des Colonies, le nomme conseiller pour les affaires arabes. Mais, se sentant à nouveau manipulé, Lawrence démissionne. Le refus des grandes puissances de créer ce "royaume d’Arabie", le sentiment d’avoir trahi la confiance de ses compagnons d'armes, la découverte de son masochisme le fondent à fuir, à se fuir comme pour rechercher la mort écrit-il. Il s’engage sous un pseudo comme simple soldat dans la Royal Air Force en 1922. Exclu car reconnu, en 1923, il choisit un autre nom pour rallier le Royal Tank Corps. En novembre 1923, quelques amis dont Bernard Shaw lui obtiennent une pension.. qu’il refuse ! Il veut être réintégré dans la R.A.F, c'est accepté à condition qu’il ne quitte plus l’Angleterre et cesse tout contact avec des amis importants. C'est mal le connaître, agent secret un jour, agent secret toujours. Il consent jusqu’en février 1935 et le 13 mai, roulant à moto -sa passion quasi suicidaire pour la vitesse est connue- sur une route étroite, il découvre en haut d’une côte deux garçons à bicyclette, les évite, fait une embardée et meurt cinq jours plus tard sans avoir repris connaissance. Cet accident a pu être provoqué par les services secrets pour faire taire à jamais un irréductible instrumentalisé qui en savait trop, s'était révolté -ou s'était retourné*- par sens de l'honneur [ou par amour!] qui avait de puissants amis partout.. et dont la célébrité -qu'il fuyait désespérément après l'avoir recherchée jusqu'à la mégalomanie avec un remarquable talent- pouvait faire basculer le fragile équilibre du Moyen-orient... et qui de plus.. écrivait beaucoup !"  A partir de Michel LARIVIERE   "On vous l'a caché à l'école" (lien.)

Fayçal I, "le tuyau vide"
*C'est le plus probable car il est quasi impossible qu'il ait ignoré ou ne se soit pas douté -et du reste il le dit lui-même à mi mot- de ce qui allait advenir de ses compagnons et alliés après la victoire, connaissant les principes colonialistes de l'Angleterre auxquels du reste il ne s'opposait que très mollement -par exemple il n'était pas favorable, quoiqu'il en ait dit ensuite, au "Royaume uni d'Arabie" voulu par le cheik de La Mecque mais au morcèlement de celle-ci en une multitude d'états qu'il serait plus facile de gouverner par pions interposés, et dans ses projets, établissait des différences de traitement considérables entre chacun en fonction de ses propres affinités avec leurs chefs "historiques" ou suscités -par lui ou d'autres agents secrets anglais comme Gertrude Bell-.. peut-être aussi en fonction de leur soumission présumée : Fayçal par exemple eut ses faveurs -Lawrence contribua avec Bell à lui faire obtenir le royaume de Syrie- bien ou parce que! il le méprisât profondément : "il était pire que faible, vide, ­ juste un grand tuyau dans lequel le vent s'engouffrait" écrit-il de son "ami" [shunté lors que la première édition du livre.]
 
Il n'était donc pas tout à fait le défenseur des arabes autoproclamé selon l'image ciselée qu'il offrait sur son méhari, kuffieh et saroual, peut-être sur ordre de l'Angleterre et qui seule est demeurée de lui dans l'Histoire ; en fait, c'était plutôt le contraire, ce sont les arabes qui ont jeté toutes leurs forces dans la guerre et défendus les alliés plus que l'inverse. Lui s'était adapté à la féodalité de l'Arabie et s'en était servi pour l'Angleterre... ou encore, ce romantique amoureux aurait changé de position au fur et à mesure qu'il vivait avec ses amis bédouins, appréciant leur culture, la liberté -notamment sexuelle- dont il jouissait, que l'Angleterre était loin de lui permettre, au point de se retourner ensuite contre les siens. Il en va autrement de Gertrude Bell son "homologue féminin" (1868-1926) moins connue mais dont le rôle politique est plus important, une intellectuelle à la tête plus froide, plus logique..



Comme toute lady soucieuse de son rang, elle voyageait chapeautée et corsetée avec une sorte de cour, parfois cependant dans des conditions effroyables qu'elle accepta stoïquement.. Mélange d'arrogance et de réelle générosité, parfaitement conforme aux règles de son milieu, elle refusera d'épouser l'homme qu'elle aimait parce qu'il n'était pas solvable, mais par ailleurs d'un courage hors norme, hautement consciente de sa valeur -elle fut la première femme docteur d'université- mais violemment hostile au droit de vote des femmes, trop "incultes" disait-elle, le personnage est admirable et pathétique à la fois. Comme Lawrence, elle chercha au Moyen Orient la liberté dont elle ne bénéficiait pas en Angleterre -mais chez elle il ne s'agissait pas de sexe-. D'une immense culture -ceci doit sans doute être revu à la baisse étant donné son rang social- elle se montra sincèrement désireuse de préserver le patrimoine inégalé découvert lors de ses fouilles et imposera que les objets demeurent sur place, recueillis dans un musée. Recrutée comme agent secret, son intelligence, son culot et son esprit d'initiative enflammèrent les révoltes arabes; son rôle fut plus politique que celui de Lawrence -elle ne combattit jamais directement- mais comme lui, elle criera à la trahison en "apprenant" la teneur des accords Sykes-Picot où dès 1916, France, Angleterre et Russie se partagent le Moyen orient avant même de l'avoir arraché aux turcs, une évidente hypocrisie. Mais pendant que celui-ci, sans doute plus sincère, plongeait dans une lourde dépression, celle-là, surnommée "la reine du désert" parvint en 17 à installer Ibn Saud sur le trône d'Irak. Peu après, le souverain, soucieux de se forger une posture royale conforme à son nouveau rang blackboulera sans états d'âme celle qui l'avait intronisé : femme, anglaise, gaour, une encombrante cariatide pour un prince arabe musulman.. et, désavouée par tous y compris par les siens, elle se suicidera à 48 ans -probablement- par surdose de barbituriques, supportant mal qu'elle qui avait trahi, fût-ce pour une juste cause, le fût à son tour et des deux côtés -ce qui est pourtant logique- : l'antiféminisme vous rattrape toujours, même lorsque l'on s'en croit à l'abri par la fortune, l'intelligence et la réussite inégalée d'une carrière exceptionnelle.


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Lawrence of Arabie, 
an english secret agent in 1914


Born of an adulterer union, what whose he was ashamed all his life, Lawrence studied archaeology at Oxford, then went in middle east for excavations, in middle east where he met Daoun, a young arabic man who became his great love. He learnt arabic and wrote for him the dedication of his book, “the seven pillars of wisdom”. During the war of 14, he was engaged by the english army as secret agent, to lift the arabs against their occupants, the turks, allies of germans. Thus, dressed as an arab, arabic speaking, and still on his dromedary as shows the romantic image we still have of him, he fought victoriously with arabs against turkish. But, consciously or not, he betrayed his arabic companions because England, France and Russia had planned, after the victory, to share the Middle East between them (cf the secret deal, said Syke-Picot between these three countries.) An tragedy into one other tragedy : during the war, made prisoner by the Turkish, he was tortured and raped by several soldiers : this drama changed all his life because, then, he discovered his masochism ; his puritan education led him to feel ashamed, guilty, torn. Therefore he seemed to seek the death as he said (as his passion for the speed maybe reveals)

Deceived, above all desperate by Daoun's dead, he returned in England and found the dead in a strange accident, maybe a murder. He knew too much things and had no intend to be silent.

Gertrude Bell,
another one

Born to an affluent industrial dynasty in England, young Gertrude dazzled with her range of knowledge, her air of certitude, and her daring. She was the first woman to qualify for a coveted First Class degree in modern history at Oxford. During a subsequent "Grand Tour", she scoured the Ottoman Near East, mastering its ways and languages. As a pioneering field archaeologist, she learned to live like and with the bedouin. She wanted the priceless artifacts discovered during her archaeological excavations be kept in the country where they were found, in museums and refused these to be stolen -sent in England- as it was the custom ! Recruited by British intelligence during the First World War, she helped ignite the arab revolt against the turks and then worked with Lawrence to enthrone in Iraq the hashemite Fayçal I. Disheartened by an ingrate monarch, her counsel no longer sought by her superiors, Bell died of an overdose of sleeping pills just short of her fifty-eighth birthday. Maybe a suicide.


lundi 2 janvier 2012

Suicides toujours -ou presque- annoncés

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A savoir : la plupart des suicides d'adolescents, d'adultes ou de vieillards -la majorité sont le fait de gens âgés- sont annoncés -parfois très clairement-. L'adage "qui en parle ne fait pas" est totalement inexact. Par parenthèse, il en va de même des meurtres (!) : presque toutes les femmes victimes de leur compagnon -ou d'autres- ont été menacées de mort au préalable et souvent plusieurs fois, avec détails. Lors des plaintes, les policiers, les gendarmes -surtout autrefois- évaluaient rarement le risque réel de "passage à l'acte", désabusés, désinvoltes... jusqu'au drame "imprévisible" (lien).

C'est pourquoi il faut être à l'écoute, et pas seulement des adolescents. Ne jamais négliger une réflexion qui peut passer pour excessive, ironique, au second degré, une menace, une attitude inappropriée... Il est navrant ensuite d'entendre "on ne savait pas" ... "on ne pouvait pas se douter que"... "il semblait si incapable de faire ça..." Il n'y a pas de profil visible de meurtrier, de suicidaire ou du moins ne le perçoit-on qu'après, lorsque l'acte est commis. Trop tard. Le seul indice fiable est sa parole -et il n'en est pas avare-... que l'on ne prend pas en compte.

On ne savait pas ? Si, on savait, oui, on devait se douter, et oui, par facilité, par ignorance, par indifférence, on a laissé filer. Il est plus facile de douter voire même d'incriminer un individu qu'un système. L'hypocrisie est quelque fois flagrante, à l'exemple d'une ado qui avait prévenu plusieurs fois que si on la laissait à l'école normale -en le cas, d'Aix en provence- où, plus jeune que les autres, isolée, elle était quotidiennement harcelée par une bande et par des profs, elle ne "tiendrait pas" et se tuerait ; "crise d'adolescence banale, ça lui passerait", moqueries même -on l'avait surnommée le saule pleureur et chaque lundi, une des caïds de la meute s'interrogeait à voix haute en riant : "elle ne s'est pas suicidée ce week end ? Quel dommage!"-
Elle l'a fait. Et avec une superbe unanimité, camarades, personnel, enseignants et même parents -certes effondrés- ont affirmé ne s'être doutés de rien, chacun renvoyant la faute à l'autre. Elle a survécu, non indemne. TOUS  ensuite se sont renvoyés la balle hystériquement, lui demandant sans vergogne dès son réveil du coma (!) -sourde provisoirement-, embusqués tels une meute de chacals, de les dédouaner -donc d'incriminer les autres... et par écrit si possible-. Cette ado, c'était moi. C'est ainsi que je suis entrée dans la vie d'adulte. Sans illusions. HL